Berlin-Neukölln: la sale bête qui monte

« Sale bande de yuppies, allez vous faire foutre! » sur la façade d’un bar branché de Neukölln

Mais que se passe-t-il dans mon bon vieux quartier popu de Berlin? Sur la place en face de chez moi, un café avec accès Wifi a poussé comme un champignon, avec ses tables en alu et ses buveurs vêtus de Nike vintage. Les punks à chiens chaussent leur nez de Ray-Bans et écoutent du Nicolas Jaar dans leur Iphone. Et mon loyer a augmenté, comme par enchantement, de 80 euros par mois…

L’hiver dernier, j’évoquais dans ces pages la présence d’un loup mangeur de popu dans Berlin, le Kiezkiller (le « tueur de quartier » en berlinois). Le Kiezkiller est une espèce inquiétante qui ressemble à l’être humain, mais a la capacité surnaturelle de suivre la mode comme un mouton et de la colporter dans des quartiers où, autrefois, ne sévissaient que des vieilles dames aux cheveux mauves et des immigrés parlant à peine l’allemand.

Le Kiezkiller avait jusque là épargné mon adorable petit coin de Berlin. Je vis à Neukölln, un quartier populaire investi par les populations turques qui y ont tissé un véritable réseau de restos à kebab, de marchés bordéliques et de magasins de voiles islamiques aux couleurs criardes. Les Turcs y côtoient depuis longtemps des Berlinois à l’accent prononcé du Brandenbourg, des « Kratzenbürste » (brosses à récurer), comme on dit ici pour désigner les habitants grognons, mais chaleureux, du vieux Berlin.

Maintenant, le Kiezkiller traîne ses affreuses pompes à la mode sous mon balcon, dans mon Spätkauf (petites épiceries ouvertes tard la nuit, tenues souvent par des Turcs), dans ma bibliothèque, dans mon supermarché Aldi. Je le regarde, bougonne, siroter son latte macchiato en pianotant sur son ordinateur portable dernier cri au soleil, sur la place en bas de chez moi. Je le déteste. Il ressemble à mes amis managers de groupe de rock-électro ou journalistes de mode. Mais qu’est-ce qu’il fout là, bon sang?!

Comme tous les jeunes étrangers ou aspirants artistes installés depuis plusieurs années à Neukölln, je fais la gueule devant cette invasion de clones de nous-mêmes. Pourquoi? Parce qu’ils sont plus riches que les indigènes que nous sommes, et que, c’est bien connu, la richesse attire la richesse. La présence de ces jeunes cool fait l’effet d’un aimant sur les spéculateurs immobiliers.

Au printemps, je découvre la présence d’une plaque commémorative sur la façade de mon immeuble. Deux visages : un homme, une femme, y sont gravés, accompagnés de la mention : « Ici vivaient A. et P., artistes visuels, de 2007 à 2011 ». Perplexe, je comprends qu’il s’agit de mes anciens voisins, effectivement artistes de leur état, qui se sont séparés avec force cris et pleurs il y a un mois. Plus tard, à la terrasse d’un bistro, j’aperçois P., justement. Il m’explique que c’est lui qui a installé cette plaque, dans un grand geste de romantisme ironique.

Un mois plus tard, une large inscription à la peinture verte accompagnée d’une flèche désigne la plaque sur mon mur : « Et c’est pour ça que mon loyer a augmenté? » Étonnée, je me dis que les habitants de l’immeuble ont une dent contre les artistes qui furent autrefois leurs voisins. Mais je partage bientôt la colère de l’auteur de ces mots, en découvrant une enveloppe de mon syndic dans ma boîte aux lettres.

Chère mademoiselle, votre loyer sera augmenté de 80 euros par mois à partir d’octobre 2011. Extrêmement amicalement, votre bien-aimé Syndic.

Je me précipite alors à la « Mieterverein« , l’association de défense des locataires. L’un de ses bureaux se trouve dans une église luthérienne de Neukölln. Des conseillers et des avocats y renseignent les locataires berlinois pour une somme très modique. Bizarrement, lorsque j’arrive, la salle d’attente est bourrée à craquer. De la vieille dame à la guitariste italienne qui sert au bar d’en face, toute la population de Neukölln y est représentée. Tous sont là pour la même raison. Leur loyer a explosé.

L’avocat qui me reçoit prend l’augmentation de mon loyer très au sérieux. Il me demande de mesurer la hauteur de mes carreaux dans la salle de bains. Au-dessus d’un mètre soixante-dix-neuf de carrelage sur les murs, ma salle de bains est moderne, ce qui signifie que je suis perdue. En-dessous, à moi la vengeance : mon augmentation est tout à fait réfutable.

Ah! je me jette chez moi, cherchant désespérément une règle, un mètre, que sais-je! N’en trouvant pas, je colle contre le mur mon voisin Fausto, qui mesure très exactement un mètre soixante-dix-neuf. Le carrelage ne lui effleure même pas le bout du nez. Hourra! Fausto me fait un give-me-five enthousiaste. Lui a reçu son augmentation l’année dernière et il sait ce que c’est : David (le pauvre habitant de Neukölln) et Goliath (le méchant agent immobilier en cravate Snoopy).

Victorieuse, je transmets la nouvelle à mon avocat, qui frétille de joie et rédige pour moi une insolente lettre destinée à mon syndic, stipulant que, puisque ma salle de bains est pourrie, mon loyer devrait l’être également.

Réponse du syndic :

Mademoiselle, il n’est pas permis de mettre en doute l’augmentation de votre loyer. Chaleureusement, votre Syndic chéri.

J’écarquille les yeux vingt fois : il n’est pas permis de mettre en doute la sainte parole de mon syndic. Je retourne voir mon avocat dans son église de gauche.

Vous avez lu ça? lui dis-je, c’est d’une insolence!

Ce sont des connards! s’écrie mon avocat. (Ce qu’il est à gauche, c’est merveilleux! je l’adore! je bénis le jour où il a décidé de revêtir l’Habit de Justice, même si je pense qu’il porte des chaussettes Snoopy).

Alors, qu’est-ce que je dois faire contre ces salauds? lui demandè-je, pleine d’espoir, mouillant mes yeux de madone du ghetto.

Patatras, mon héros s’écroule. Il tripote son bic.

Ben, rien, marmonne-t-il. Ne répondez pas. On va laisser mourir.

Mais… s’ils me font un procès? m’écriè-je!

Ah, ben… vous serez bien embêtée.

C’est tout. Pas d’autre solution. En rentrant chez moi, je découvre qu’un voisin rageur a collé sur la porte d’entrée un flyer pour une manifestation contre l’augmentation des loyers dans le quartier. La guerre est déclarée. A la boulangerie, un type me tend un papier m’invitant à une réunion contre la gentrification de Neukölln:

Les loyers augmentent, car le quartier devient de plus en plus branché. Nous, les nouveaux habitants de Neukölln, jeunes, artistes, étudiants, intellectuels, nous sommes partiellement responsables de cette situation. Nous organisons une réunion de réflexion à la galerie X de la rue du Danube demain soir à 20h.

Je montre le papier à la boulangère turque et je lui demande si elle ira. Elle hausse les épaules et encaisse mon croissant.

Je n’ai pas été invitée, dit-elle nonchalamment.

Le type qui m’a tendu l’invitation évite mon regard lourd de reproches, tout penaud. Voilà pourquoi Neukölln est destinée, comme le quartier de Prenzlauer Berg il y a dix ans, à une boboïsation galopante. Le peuple est déchiré, amis lecteurs! En dépit des manifs, des réunions de réflexion, des blogs contre la gentrification (Voir Gentrification Blog) et des squats de résistance organisés dans le quartier, les habitants de Neukölln se divisent eux-même en couches sociales impénétrables.

Je ne suis pas allée à la réunion anti-bobos organisée par les bobos. A la place, je me prépare à affronter mon Syndic au tribunal. Ce jour-là, je vous le jure, je porterai ma petite culotte porte-bonheur. Une culotte Snoopy.

 

 

 

 

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manon

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48 réflexions sur “Berlin-Neukölln: la sale bête qui monte

  1. Bravo Manon! à toi la Victoire! et n’oublie pas « viel Feind, viel Ehr! »
    et puis, rien à faire, avec un carrelage qui arrive à peine au nez de ton ami, pas la peine d’espérer d’augmenter le loyer…

    Ceci étant dit, je te comprends même trop bien: j’habite depuis 3 ans dans ce joli quartier près du métro « Arts et Métiers », dans cette petite rue au Maire, peuplée de courageux petit chinois , travaillant inlassablement à toute heure du jour et de la nuit. Ils sourient toujours, ont toujours un mot gentil pour moi, leur petits restaurants bon marché (et carrément bons) sont devenus le prolongement de ma minuscule cuisine. J’aime cette rue, car elle pétille, elle est vivante.
    J’habite un « énorme » 32m2 (pour un loyer tout de même faramineux) mais je me sens comme dans un royaume. Car mes voisins habitent de façon extrêmement organisée et propre à 4 ou 5, voir 6 dans ce même espace.
    Pour l’instant cette rue à échappée à la voracité des acheteurs bobo, même les rue voisines, la rue Volta et la rue Gravillers restent pour l’instant une bastion chinoise… mais pour combien de temps? Quelle horreur de se balader du coté de la rue vieille du Temple: tellement « over-cool », tellement branchée, tellement idéale, ou ce jeunes couples bobos se baladent armés de leurs accessoires préférés : manteau vintage, chapeau déformé, iphone dernier cri pour lui, poussette (avec la petite Lyou-Marie – ces noms composés qui fleurissent) et sac oversize Vanessa Bruno en toile et paillettes rempli de biberon, macbook air et légumes du marché, pour elle… j’espère ne fâcher personne ;)
    et j’espère que ma petite rue restera préservée – quoique, le loyer va augmenter le premier janvier…

    1. Chère Olivia,

      je connais bien ton quartier et moi aussi, je l’adore… je ne savais cependant pas qu’il était encore possible d’y vivre pour un prix « correct ». Depuis que je vis à Berlin, les loyers parisiens me terrifient.

      La gentrification est inévitable et il ne nous reste plus qu’à aller voir plus loin. Voilà pourquoi beaucoup de jeunes artistes commencent à décamper et à s’installer à Wedding, tout au nord, là où personne ne croyait que ça pourrait devenir sympa un jour. Mon Neukölln à moi était encore beaucoup trop excentré pour beaucoup de jeunes fêtards il y a seulement deux ans! C’est incroyable… J’ai l’impression de vivre les dernières heures d’un Berlin pauvre et magique… Écrire, écrire, vite, là-dessus… c’est tout ce que j’ai trouvé pour que les générations d’après puissent, comme nous qui rêvons au New York des années 70, fantasmer sur ces années perdues.

  2. Eh ben, moi qui me lamentais de mon augmentation de loyer de 35€ au bout de 2 ans, je commence à saisir l’ampleur de la catastrophe qu’est la gentrification. En même temps, comme tu le dis, les nouveaux venus (y compris toi) font partie du problème. Mais je pensais que les augmentations scandaleuses de loyer s’effectuaient lors des signatures de nouveau bail, pas comme ça, 80€ du jour au lendemain avec le même locataire. En tout cas mon carrelage de salle de bains, grimpe, grimpe, grimpe, et me toise de bien 2 mètres de haut… ainsi je n’aurai même pas de raison d’avoir de faux espoirs si la même mésaventure m’arrive.

    Bon courage à toi en tout cas et j’espère que tu remporteras cette guerre des nerfs !

    1. Pauvre JM! tu es bel et bien doté d’une salle de bains dite « modernisée »!
      Je remporterai sans doute cette guerre des nerfs, mais un temps seulement… seule, je n’arriverai pas à contrer la ridicule inflation des loyers de Neukölln. Viendra le jour où les latte macchiato-MacBook me chasseront définitivement de mon paradis pour pauvres. C’est ainsi!

  3. « Things seem only to exist by the virtue of this strange destiny. Terrorism as fashion and the media, landscapes as photography, woman as the sexual scenario, thoughts as writing, events as television. You wonder whether the world itself isn’t just here to serve as advertising copy in some other world. » – JB

  4. Chère Manon,

    J’ai lu avec intérêt ton post sur Neukölln, quartier où je vis aussi depuis 4 ans. Je suis français, ai 29 ans, et je bosse ici pour un site internet franco-allemand.

    Ton post, même présentant des vérités, me fait doucement sourire. Je ne comprends pas pourquoi tu t’offusques contre un mouvement dont tu fais partie. Réflechissons un peu. Dans ta présentation dans « Qui suis-je? », tu dis bien que Berlin est attirante parce que moins chère (parmi d’autres aspects réels). Dans cette ville moins chère que Paris, tu as dû éplucher les annonces et trouver des appartements encore bien moins chers à Neukölln, que Kreuzberg notamment où tu aurais aimé vivre mais un peu trop cher. Tu es donc venu vivre ici à Neukölln, il y a deux ans, là où les cafés fleurissaient déjà, à proximité de Kreuzberg et donc bien pratique pour toi comme pour moi.

    Je ne renie pas la « gentrification » dont tout le monde parle, car j’en fais partie. La ville n’appartient à personne. Berlin est en mouvement constant. Des vieux berliner aux immigrés turcs autrefois, d’Europe de l’Est aujourd’hui. En m’installant il y a 4 ans à Neukölln, je suis arrivé dans un rue pas recommandable. J’y ai bien vécu. Le visage a bien changé 4 ans plus tard. J’y suis pour quelque chose. Personne ne peut se dire victime de cela. Je doute que tu aurais aimé vivre dans le Neukölln d’il y a 10 ans. Quelque chose me dit que toi comme moi, nous sommes heureux de voir un café ouvrir, plutôt qu’un local de jeu où on ne peut pas entrer. Je ne te condamne pas d’être arrivée il y a deux ans « seulement », la ville ne m’appartient pas plus qu’à toi. Mais ton article trouverait plus de légitimité s’il était écrit par Helmut, 65 ans, né à Neukölln, ou Özgür, immigré ici depuis 20 ans.

    A ta photo, ta façon d’écrire et ton parcours, je ne te vois pas non plus comme une anarchiste punk graffant sur les murs. L’opposition à la gentrification n’est pas une question de style mais un cafetier qui te voit dans la rue se dit plus facilement que tu es une cliente potentielle à son café bobo, il l’ouvrira donc parce qu’il voit des gens comme toi dans le coin. De plus, on ne créé pas un blog RFI en étant anarchiste, ni même en mangeant du muesli BIO qui plus est.

    Ton combat est tout à fait juste. J’ai changé il y a un an d’appartement, et j’ai vu en l’espace de trois ans comme tout avait flambé. Ton combat contre la hausse de ton loyer est juste et je te souhaite sincèrement de le gagner car rien ne justifie d’augmenter un loyer de 80 euros PAR MOIS. Par AN, passe encore quand c’est stipulé dans ton contrat. Mais par mois, c’est de l’abus. Et il faut se méfier des Hausverwaltungen (syndicats d’immeuble) neuköllner qui faussent leurs données et profitent à mort. Donc bonne chance à toi! Concernant la manif contre les bobos organisée par des bobos, je suis d’accord avec toi aussi et je trouve ça terriblement ironique.

    Dans ton 4ème paragraphe, tu dis te plaindre comme tous les jeunes étrangers et artistes vivant ici, de voir ce mouvement de gens plus riches vivre sous ton nez. Mais il y a deux ans, dis toi bien que quelqu’un d’autre t’a vu par la fenêtre en pensant la même chose. Ce nouveau voisin est peut-être plus riche que toi mais tu es aussi plus riche que ton autre voisin qui se plaint de toi. C’est la règle. Un quartier bouge en permanence. Et on ne peut pas aller contre ce mouvement, pas même par une dénonciation dans un blog.

    Voilà ce que je voulais partager avec toi. Prends le comme une critique constructive et non une critique gratuite. Je te souhaite de gagner ton combat contre ce syndic et de vivre des jours heureux dans notre Neukölln qui présente aujourd’hui un agréable mélange entre familles immigrées et jeunes gens paisibles.

    Bien à toi!

    1. Bonjour Alex!

      Je ne sais pas si tu as déjà lu d’autres articles sur mon blog – je ne crois pas – et comme tu es nouveau venu ici, laisse-moi d’abord t’expliquer que ces pages sont majoritairement écrites avec humour, distance, ironie, et je l’espère, suffisamment d’autodérision.

      Je suis arrivée il y a deux ans à Neukölln, certes, mais par un biais complètement différent de celui que tu imagines et que je ne souhaite pas évoquer en public.

      Berlin et moi, c’est une histoire qui dure depuis dix ans. Je parle allemand couramment, je travaille ici, je paie mes impôts (et quels impôts, soit dit en passant!), bref, c’est ma deuxième patrie. Lorsque je suis arrivée à Rixdorf, il n’y avait nul café, nul magasin bio.

      Je ne pense pas avoir jamais prétendu à l’anarchie, et j’aime beaucoup me moquer de mon propre personnage. Cela choque beaucoup de lecteurs, soit! je m’amuse comme je peux, n’égratignant sérieusement, que cela soit dit, quasiment que ma petite personne.

      Je le dis dans cet article comme je le répète dans la vie, ma présence, comme celle de mes compères artistes étrangers, est un facteur de boboïsation bien emmerdant. Cela étant, je n’ai jamais revendiqué la révolution dans le quartier, estimant que mon combat se situe ailleurs – je travaille à ce que je sais faire, des films et des bouquins, rien de plus ; je ne dénonce pas, j’observe et je note. A d’autres les batailles politiques, ceux-là ont le vent en poupe, je les soutiens et les admire.

      Ce qui m’attriste à Neukölln, c’est l’insolence avec laquelle les agences immobilières et autres spéculateurs s’emparent du quartier – et si je me moque du Kiezkiller, c’est aussi par analogie avec la personne que je suis et ce que je peux représenter aux yeux des gens du quartier, évidemment.

      Il est évident que dans un système capitaliste établi, le phénomène de gentrification est impossible à contrer. Mais je m’arrête là, ce débat est un peu trop lourd pour ce blog qui prétend plutôt à la joie de vivre et au carpe diem. Life is short.

      Bien à toi aussi et que Neukölln te soit clément!

      1. Merci pour ta réponse Manon! Je n’ai pas pris le temps de lire tout ton blog bien sûr. Le but d’un blog étant pas un contexte général à mon sens mais des posts indépendants des autres. Cela dit, ton blog est bien fait, je ne suis pas le chieur que je veux bien faire croire :)
        Dans ton combat, je connais un avocat spécialisé dans le droit au logement, pas cher, jeune dynamique qui m’a bien aidé dans mon problème passé. Donc si tu veux, je peux te le recommander si jamais tu en as besoin un jour.
        A plus :)

        1. Hallo Alex,

          Je crois au contraire qu’un blog est le reflet d’une personnalité, et non pas du tout un outil permettant de poster des réflexions objectives et indépendantes les unes des autres… même un magazine a une couleur politique, ou un humour particulier qui relie les articles entre eux.

          Mais j’aime bien les chieurs, on en a besoin. :)

          Merci pour ta proposition, je vais voir ce que peut faire ma bonne petite Mieterverein, pour l’instant il semblerait que mon syndic fasse profil bas. Plutôt une bonne nouvelle.

    1. Héhé. J’en ai une, que j’avais achetée à Berlin, il y a dix ans, lors de mon arrivée. Ma valise avait été égarée par la Lufthansa. J’ai acheté la culotte la moins laide que j’ai pu trouver sur la Friedrichstrasse et en plus, je me la suis fait rembourser par la Lufthansa. Si c’est pas la classe.

      Cela dit, Snoopy, je kiffe.

  5. Comme c’est triste de voir ce qui se passe à Neukölln. Moi qui me souvenais d’un quartier un peu sale mais intéressant où personne ne voulait habiter en 2004, c’est incroyable. Le commentaire d’Alex me rappelle une amie anglaise qui me rapprochait de critiquer la gentrification dont je faisais partie. D’abord ce n’est pas simplement les étrangers ni les artistes qui changent un quartier mais les investisseurs riches qui achètent les bâtiments dont le loyer augmente de plus en plus ou d’autres personnes qui ne comprennent rien à la vie de leur quartier. Berlin a toujours été un melting pot. Pour ma part j’ai choisi des quartiers pas du tout cool comme Charlottenburg et Pankow. Ce dernier n’a pas beaucoup changé, il n’y a pas beaucoup d’étrangers mais ça devient de plus en plus cher d’habiter ici parce que les apparts sont de plus en plus difficiles à trouver ailleurs. La politique de la ville y est pour quelque chose et obligent des gens de changer de quartier et vivre plus loin du centre. Un centre sans vrais Berlinois (de coeur ou de naissance) ne m’intéresse pas. Même Wedding est devenu cher. Je crois que dans 5 ou 10 ans, on sera obligés de vivre à Spandau ou à Marzahn. Continue ton combat et vivre Neukölln!

    1. Salut Emily!
      Je me permets juste d’intervenir sur le point où tu me cites. Je ne pense pas que ce sont les investisseurs qui « pourrissent » un quartier car eux viennent où la demande est. Les artistes, étrangers, jeunes investis en politique (mon voisin), designers sont attirés par Neukölln par les prix bas, la proximité de Kreuzberg, F’Hain … Donc Neukölln est victime de sa situation plus que de la spéculation. La spéculation a lieu aujourd’hui car les investisseurs ont trouvé le filon. Mais le « problème initial » vient bien de l’attrait qu’ont les nouveaux berlinois pour ce quartier. Apporter du dynamisme et de l’emploi dans un quartier stigmatisé pour sa pauvreté et sa violence, ne sont pas de mauvaises choses en soi. Faudrait juste que tu les promoteurs aient du respect pour ceux qui ont toujours été là. A noter que quand tu dis que tu vis à NK à qui que ce soit en Allemagne, ça a toujours mauvaise réputation.
      Le principe est le même que le 20ème à Paris, la Plaine à Marseille, Brixton à Londres, Harlem à NY… On pousse vers l’extérieur encore et encore les gens.
      Rageant et je me demande bien ce que sera mon loyer dans quelques années, ma rue, mes voisins etc… J’espère vraiment que le côté multi-culturel persistera. Après tout, à Kreuzberg, c le cas. D’une rue à l’autre, c très différent. Bobos et turcs de toujours se côtoient sans se mêler.
      Ne nous trompons pas de combat :)

      1. Je pense que vous êtes plus ou moins d’accord, en fait…
        J’admire l’attitude très anti-cool d’Emily, car je la connais depuis que nos blogs se sont rencontrés et je sais qu’elle ne cède jamais à la mode du moment – elle a su me faire découvrir Pankow et Charlottenburg ainsi que d’autres quartiers de Berlin où aucun djeunes cool ne va; par le biais de ses articles et de son regard toujours différent sur la ville.
        Kreuzberg a beau rester multikulti (je suis bien d’accord!), la guerre a commencé, les loyers explosent, il y a même des enfoirés qui construisent des parkings aériens avec lofts intégrés là où il n’y avait que des restos turcs… donc, prudence…

  6. Les augmentations de loyer sont la suite d’un procés qui a lieu dans toutes les grandes villes d’europe qui attirent le public par leur rénommée artistique. C’est pratiquement impossible d’y echapper, en fait les artiste et les étudiants sont les pioniers urbains qui colonisent les quartiers moches pour que plus tard ceux-la soient occupée par les gens qui ont du fric. Mais d’après ce que je sais berlin n’est pas encore si cher pour une metropole, si tu compares un peu avec les loyers à Paris
    Et puis c’est pas la pologne, c’est l’allemagne, le moteur économique de l’europe.

    1. Évidemment les loyers parisiens sont monstrueux, mais les salaires ici sont bien plus bas, je sais de quoi je parle. Je vis à Berlin avec deux fois moins d’argent qu’à Paris, car j’en gagne deux fois moins. Tout est relatif… l’Allemagne a beau être le moteur économique de l’Europe, sa politique salariale et sociale est plutôt mauvaise si on la compare au système français. Le système allemand est bien plus libéral. J’ai beau aimer cracher sur la France, je suis foutrement fière de son système de protection sociale, qui est l’un des meilleurs qui soient. :)

  7. Et oui…
    tout ca est bien vrai, ca fait chier et c’est dommage certes mais….
    Berlin ne s’arrête pas au Ring
    il y a encore beaucoup de places, beaucoup de lieux à investir,
    et pas si loin!!
    il y a des s bahns, des trams, nos pieds, nos vélos, les caisses de nos potes…même si il faut désormais s’excentrer un peu plus du centre, surtout, pas de fatalisme!
    évidemment, le phénomène de gentrification qui existe dans toutes les capitales européennes n’épargne(ra) pas Berlin même disons le, ne l’a pas épargné mais, ouvrons les yeux et le reste on peut encore faire beaucoup ici, mais différemment…
    Le Berlin fascinant des années 90 et début 2000 que nous sommes tous venus chercher n’existe déjà plus, ça bouge et ça change, mais rien ne dit que ce sera moins bien…!
    peut-être, ou pas
    cette ville est très grande, très étendue, un vrai terrain de jeu!
    à bon entendeur..
    Amitiés à vous!
    viel spass

    1. c’est vrai!
      cela dit, j’étais à Berlin en 2000-2001 et je constate que la bohème s’est simplement déplacée. Przl Berg était fou à l’époque, ça ne coûtait rien, c’était destroy et bourré d’artistes farfelus. Aujourd’hui je retrouve ça à Neukölln ou dans des coins paumés de Kreuzberg.

      1. …evidemment ça se déplace et heureusement
        Mitte était fou fut un temps, (Tacheles new year’s eve 1992/93)
        ensuite ici, et puis là,
        la vérité c’est aussi que dès l’instant où cette folie douce est mediatisée, que l’on sait où elle se trouve et que l’on pars à sa recherche…
        ..heureusement,
        assez vite,
        on ne la trouve plus du tout et même, au contraire, non seulement on ne trouve rien mais on se retrouve envahis et entouré par « des clônes de nous-mêmes!! »…
        ahaha!
        quel cauchemar!!
        …mais c’est simplement la folie qui se protège et qui ne cherche pas trop à se faire voir
        c’est comme cela que ca se renouvelle
        en se déplacant, en se cachant, même en étant chassé
        Neukolln? Wedding?? Hohenschonhausen?Casselberg??
        peut être même dans Schoenberg?
        peut-être que pour s’épanouir librement on finira par s’installer à Bamako, Dakar ou Tamera
        tout simplement dans un village paumé genre les irréductibles…
        mais avant ça
        fouillons un peu, ça grouille encore et surtout là où on ne l’attends pas!

        BERLIN!!

  8. Salut Manon,

    je me suis interesse a cet article en lisant l’intro de ta derniere publication en date http://generationberlin.mondoblog.org/2011/11/18/carte-blanche-a-un-lecteur-berlinois-dadoption/!

    Tres bel article! recit bien fait1 j’ai vraiment apprecier le style. J’ai pris particulierement le temps aussi pour lire les commentaires. Quelle lucidite dans tes reponses!!! J’ai vraiment adorer! Courage et bien de choses a toi!

    Amities!

  9. Bonjour chère bloggeuse de talent que j’ai découverte grâce aux chroniques berliniquaises :)
    bon alors, avant de parler de l’article je me permets une appréciation générale de ton blog que je trouve supra cool !
    sur le fond de l’article, là encore je me suis éclaté, mais c’est vrai que ça fait réfléchir parce que moi qui espère un jour m’établir à Berlin, je me dis merde…je fais parti de ces affreux kiezkiller ?? en plus je suis étudiant, j’ai un gros casque et un ipod, et des pompes US. Je le dis sans ironie, tout ce que je lis sur la gentrification m’amène à réfléchir sur ma propose position, et mon éventuel rôle, direct ou indirect dans tout ça. Toutefois, je ne m’empêcherai pas de vivre, d’autres l’ont fait avant moi, d’autres continueront encore. Evidemment j’aime Neukölln et ses prix (je vis à Paris t’imagine ! d’ailleurs je suis dans le 19e et je remarque aussi la boboïsation de mon bon petit canal de l’ourq à jaurès…), donc bref je me demande, s’il y a des moyens d’éviter de soi-même renforcer ce phénomène ? Est-ce qu’il y a des possibilités, des résistances alternatives possibles ? et encore une fois, je dis et demande à toi, à moi, à tous ceux que ça intéressent, sans ironie. Comment concilier ses envies légitimes de vivre plus confortablement que dans un placard parisien à 600 euros, plus aisément que dans cette ville de paris où tout est cher et rien n’est vraiment alternatif, et dans le même temps ne pas renforcer la gentrification ? Une personne m’avait répondu « vivre en squat », c’est ce qu’elle a fait elle en venant à Berlin. Entre autres, pourquoi pas, mais il faut aussi que ça plaise. Vu mes désirs réccurents d’autarcie pas sûr que ça m’aille plus de 3 mois. Anyway, il se pourrait juste (comme l’a dit une des personnes qui a commenté ton article), que le problème ne soit que déplacé, et que Neukölln deviendra aussi bobo et familialiste que Prz Berg, et qu’un nouveau « Neukölln » se refasse ailleurs… mais bon ça pose quand même le problème de toutes ces villes européennes qui de plus en plus poussent les minorités économiques, et classe moyenne pas trop stables or des villes, laissant le centre aux bobo et aristo. Triste…

    1. Cher Gabierrhof,

      Merci pour ton commentaire super sympa et très intéressant. Cette vidéo est épouvantable, très connue à Berlin, heureusement elle ne représente la mentalité que de très peu de gens.

      Non, ne t’empêche pas de vivre! Viens donc à Berlin et vis la belle vie d’ici. Tu as bien raison! Mon conseil pour « retarder » la gentrification? Apprendre l’allemand! Parler avec les gens dans les magasins, les bars, s’impliquer dans le quartier, vivre en bon voisin, porter les paquets des vieilles dames! Avoir des amis allemands, comprendre leur culture.

      Les squats, ce n’est pas une solution. C’est une attitude pro-berlinoise qu’il faut cultiver. On a le droit de venir d’où on veut. Il faut juste se comporter avec respect pour les gens qui vivent là depuis longtemps!

      Alors bon voyage et viel Spass in Berlin!

  10. Salut,
    C’est vrai, qu’à la lecture de ces commentaires, on a du mal à savoir dans quelle catégorie se placer. Je suis français, habite dans le Neukoelln et bien qu’étant encore étudiant, j’ai du mal à me considérer comme un « touriste », ça m’énerve un peu d’entendre parler français dans la rue et j’evite au maximum de cottoyer ces autres concitoyens de naissance. Je les vois tous comme des snobinars, des ploucs. J’évolue dans un environnement 100 % allemand, des collocs allemands qui ont des potes allemands, qui parlent allemand, le tout dans une ambiance décallée.
    Mais au fond, je suis aussi un putain de touriste mais j’essaye de garder mes distances avec la beaufitude (ça prend un sens tres large pour moi), d’ailleurs les turcs dans les spätis le flaire, ils essayent toujours de m’entuber avec la monnaie, ça vous arrive aussi ??? (3 fois sur mes 4 dernieres visites, toujours pour 20 Centimes..)
    Tschüß,
    k.F.

    1. Hallo! Je n’évite pas mes concitoyens à Berlin, je n’évite d’ailleurs personne : pourquoi faire cela? C’est justement parce que l’on est venu chercher la tolérance et l’ouverture d’esprit qu’on jette l’ancre dans la capitale allemande, et je ne souhaite pas exclure mes compatriotes des liens que je noue en Allemagne. Un environnement 100% allemand est bon pour apprendre la langue, mais cela représente-t-il la réalité berlinoise? Pas tout à fait! Car Berlin est une ville merveilleusement cosmopolite. J’aime passer des soirées avec mes amis allemands, grecs, anglais, américains, bulgares, tous ensemble. Une chose nous lie : l’amour de la liberté qu’offre cette ville. Profites-en aussi! il n’y a qu’à Berlin que cette atmosphère multiculturelle est aussi détendue.

      Non, dans les spätis on n’a jamais essayé de m’entuber, d’ailleurs je trouve les Turcs super réglos de manière générale à Berlin, ils ne font pas la différence entre les touristes et les Berlinois… il faut peut-être mieux recompter la monnaie? :)

    2. Kleine francemann ou qu importe ton nom,c est un vrai problème ça,la façon dont les français traitent les autres français …grâce a cette belle mentalite que toi et beaucoup d entre nous possédons le sud de la France ou j habite et je suis né est devenu intolérable…alors merci d essayer de réfléchir un peu jeune !
      @manon,très chouetteblog je vais grâce à lui visiter en vrai beauf touriste informé ton quartier!!!NE LÂCHEZ RIEN!
      Sebastien

  11. Bonjour !

    Je m’appelle Camille et je suis étudiante à l’école d’archi de Nantes. Je travaille tout le semestre sur le ville de Berlin, et en ce moment je m’intéresse particulièrement au phénomène des centres commerciaux à Berlin. J’ai choisi plus particulièrement de m’intéresser au Gropius Passagen, au sud de Neukolln. Tu as l’air de bien connaitre le quartier, en particulier le nord du quartier, mais qu’en est-il du sud ? Quelle est l’ambiance près du centre commercial ? Comment celui-ci est-il perçu dans le quartier ? Est-ce que c’est le seul noyau d’activité du sud du quartier ? Et qui sont ces gens qui vont dans ces immenses centres commerciaux ?!
    Il est peut-être difficile de répondre à ces questions, mais je cherche plus un ressenti sur le quartier. Il est très difficile pour moi aussi de trouver des réponses à ces questions en étant en France !

    Merci de ton aide :)

    1. Bonjour Camille,

      Je n’en ai aucune idée, je suis désolée! Le quartier de Neukölln est très grand. Tu me parles d’un endroit où je ne vais absolument jamais. Je crois que le mieux est véritablement que tu viennes à Berlin pour te faire une idée. Bonne chance, Manon

  12. Hello Manon,
    Merci pour l’article et le blog que je viens de découvrir – je vis aussi à Neukölln. Je ne suis pas français mais j’ai vécu aussi quelques années à Paris. Encore un commentaire de « constructive criticism », sans animosité je te promets! Mais une chose qui me surprend dans ton discours, ainsi que souvent dans celui d’autres français que ce soit à Berlin ou ailleurs, est cette idée que c’est très sympa de vivre à côté des turcs – parce qu’ils tiennent des Kebabs ou des magasins de « voiles islamiques » multicolores. C’est quand même – je trouve – un peu teinté d’un voyeurisme/exotisme gauche caviar qui est aussi une forme de racisme. (et qui a aussi son gross passif dans la culture française) Le même sentiment qui a animé des connaissances française que j’ai eu à partir en Afrique ou en Inde parce que là bas il y a « des couleurs. » Un racisme je pense né en toute innocence (peut-être du fait d’avoir grandi dans un milieu homogène et ‘décoloré’), mais qu’il faut quand même redouter. Oui, ce n’est pas sympa quand les loyers montent. Mais pourquoi cette animosité contre le café latte, pour prendre seulement un exemple? Parce qu’il ne suscite pas le même sentiment de toucher à l’étranger que le Döner ou le « voile islamique »? Parce que le café latte, c’est ringard et c’est pour les blancs? Que se passe il alors quand un Turc de Neukölln commande un Cafe Latte? Confusion de tous les repères? Stéréotyper le « Kiezkiller » est aussi nuisible que les stéréotype des Turcs que ton article perpétue. Pourquoi penses tu que les meurtres commis par le NSU ont été surnommé les meurtres Kebab avant que l’on arrive à la vérité? Parce que comme ont le sait tous, tout bon Turc tient un Kebab et sa femme porte un « voile islamique. » Bon, je m’arrête là, mais je pense que tu ne dirais pas en face à ton voisin Turc que tu trouves très sympa tous ces Kebabs et tous ces voiles islamiques qui servent de décoration colorée pour ton quartier. Seulement à d’autres français et allemands avec qui tu partage ce discours bienveillant mais néanmoins paternaliste et teinté de colonialisme. Voilà, excuse moi si cela peut sembler excessif. Mais j’ai un peu trop entendu de ce genre de sentiments envers ces étrangers, tellement intéressants, tellement différents, tellement multicolores!

    1. Bonjour Michael,

      je suis étonnée car souvent, j’ai l’impression que certains lecteurs ne comprennent pas que je ne fais qu’observer ce que je vois autour de moi et que je me prends souvent pour cible de mes propres attaques. Je suis une consommatrice forcenée de latte macchiato, tout le monde peut en boire, je m’en contrefous, pire, je le recommande hautement, c’est délicieux et mauvais pour la santé, tout ce que j’aime.

      Paternaliste? Colonialiste? Oh mein Gott! comme tu y vas là! ce n’est pas un peu tiré par les cheveux? Qu’est-ce que c’est que ces étiquettes?

      En fait, pour parler d’une situation dans un quartier sans se prendre un tir de boules de neige, il faut être Turc/Juif/Noir, sinon on est une raciste condescendante, blanche et riche – je commence à intégrer le concept… mais que sais-tu de moi? Ne te fabriques-tu pas un cliché de ma personne, juste parce que tu as lu un seul article et vu une seule photo? Tout le monde se fabrique des stéréotypes, c’est normal, mais ne les utilisons pas les uns contre les autres.

      Ouais, je trouve ça sympa d’habiter avec des Turcs, ce qui ne signifie pas que je cautionne tout dans leur manière de vivre, mais je peins mon entourage à grands traits, pour mon amusement et pour celui des gens qui aiment rire de la vie, de la société, des gens et surtout, surtout, SURTOUT de SOI-MÊME!

      « Mais j’ai un peu trop entendu de ce genre de sentiments envers ces étrangers, tellement intéressants, tellement différents, tellement multicolores! » = je suis une étrangère, et je suis multicolore pour les Allemands, la Française type est pour eux « sexy, coquette, un peu superficielle, lyrique, drama queen, arrogante, elle aime la baguette et le fromage… » j’entends ce genre de bêtises tous les jours, et alors? Qu’est-ce que ça peut bien me faire? J’en ris. Moi, ce que j’entends partout, c’est le politiquement correct, et le politiquement correct n’a pas sa place sur mon blog, parce qu’on n’est pas sur ZDF ou chez TF1.

      Alors cher Michael, s’il te plaît, lis-moi avec un peu plus de distance!

      Liebe Grüsse aus Neukölln!

      PS : d’où viens-tu? Es-tu d’un pays francophone? tu écris très bien le français!

  13. Je suis tombée sur ton blog un peu au hasard, et ça tombe on ne peut mieux, car je viens de recevoir moi aussi une augmentation de loyer, de plus de 15%. Par contre, mon salaire, lui, a eu une augmentation de … rien du tout. J’espère que l’avocat aura plus de réponses à mon problème que le tien – et en plus, je viens de mesurer, mais ma salle de bain a du carrelage jusqu’à 2 mètres de haut…

    J’aimerais aussi vivre dans Neukölln, mais ma moitié ne s’y sent pas en sécurité, parce qu’il y a trop de musulmans… (on n’est pas de la même culture, et les années passées en Pologne l’ont rendue un peu… raciste sur les bords. J’y travaille, j’y travaille, mais essaye un peu de mettre à genoux 26 ans d’éducation blanc catho, c’est dur) Bref. Moi, j’aime bien ce quartier, je vivais à la frontière entre Kreuzberg et Neukölln quand j’étais étudiante. J’aime l’atmosphère de simplicité et le bordel ambiant des rues.
    Sinon, mon petit coin de Prenzlauer Berg n’est pas trop gentrifié – dans mon immeuble, beaucoup d’étrangers non-bobo et le facteur amène par brassées les lettres du job center. On résiste encore et toujours à l’envahisseur bobo héhéhé. Mais pour combien de temps….?

    1. Bonjour!

      Bonne chance. Je viens de recevoir le dernier numéro de MieterEcho, le magazine de l’association de défense de locataire à laquelle j’appartiens. Le Mietspiegel 2013 est flippant. Les loyers montent partout, surtout les petits, cette année.

      Neukölln… trop de Musulmans? euh… trop de Turcs, tu veux dire? Je me sens pleinement en sécurité à Neukölln. Et les Turcs mettent dans ma vie la chaleur, l’accueil et la simplicité qui fait défaut à bien des Berlinois (et que dire des Parisiens…) alors vraiment, ta moitié devrait réviser sa géographie culturelle, parce que c’est mauvais pour l’âme de vivre avec des œillères! Viel Glück damit!

      Courage, j’ai posté ce billet il y a un an, et mon avocat m’a très bien défendue au final. Tout s’est bien fini. L’augmentation de loyer n’a pas été aussi conséquente que prévu. Je fais face aujourd’hui à des problèmes plus inquiétants, puisque l’immeuble a changé de proprio. Il faut se battre avec les armes légales et y aller franco.

      1. Bonjour Manon,

        Tout d’abord merci pour ces faits d’une criante vérité.Vous mettez bien le doigt sur les réalités de la vie allemande, et par là même, mettez au courant les nouveaux arrivants berlinois.Bravo.C’est tout à fait ce que vous décrivez les réactions du Mietverein,les avocats,porter plainte pour le moindre truc…Je vous envie de pouvoir y rester ,car perso,j’ai dû rentrer malgré une expérience intéressante…Départ en 2009 non sans une n-Ostalgiepour le Curry- Wurst und die Lachgummis.Und mein so bewunderliche und menschliche Hausmeister tagsüber,Taxifahrer nachts.Lieber Zandi ,falls du mich liest…Jacques Pradels’ Übersetzung auf Deutsch?

        Je comprends que ces augmentations de loyers soient(de plus en plus) à bondir et injustes.Sans compter les promoteurs…Que les locaux se sentent dépossédés de leur Kiez,ville…Et que Tacheles n’existe plus!! Mais néanmoins…ach…ihr…liebe Be/ärliner…

        Adoptez un Wessi(comme ça il en mettra plus dans le Solidaritätzuschlag:)Des stages de résilience et survie à Schwabing ,Heidelberg zwei seront bientôt organisés par la sülfüröse Cindy à Mitte und Zehlendorf .Im Auftrag Joopcenter featuring Taz,Bürgerinitiativen.Et que vive le blog de Manon:avec distribution de kits de survie?Hau rein!

        Grüezi us Basel:(ein Ticket nach Schönefeld jemand? biittte.Peux plus de dérouler du pt’it suisse…

          1. En fait ,oui c’est là où le bât blesse,ce changement…Sûrement en voie de ripolinisation…C’était sûrement dément juste après le Mauerfall…

            Quand je serais prêt à retrouver la ville,gerne.Pour l’instant ,départ en pays batave.Ou l’autre pays de la germanité revisité:)

  14. Et voilà les français foutent encore le bordel à l’étranger, qu’avez vous à habitez dans un quartier Neukolln ou kreuzberg ? vous pouvez pas habitez dans un quartier à dominante allemande ? ce qui correspond à votre style mais il faut que vous allez habitez dans des quartiers turcs pour augmenter plus tard leur loyer. Bref vous etez des étrangers qui viennent en allemagne pour chasser un catégorie d’allemands d’origines étrangères.
    Si j’étais les turcs ou les allemands de ce quartier qui a l’air sympa, je vous virerier à coup de pieds au cul. Vous etes des bobos allez vivre avec les bobos allemandes.

  15. Waouh, ça c´est une suite arithmétique « Chère mademoiselle, votre loyer sera augmenté de 80 euros par mois à partir d’octobre 2011. » Le loyer il est a combien déjà aujourd’hui! ;)

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