Medley des pires idées économiques allemandes

Dans l’espoir que Mme Merkel ne souffle pas trop d’idées farfelues à notre François national…

Cela fait un mois que je suis en France pour raisons professionnelles. Il me suffit d’allumer la radio pour entendre, tous les jours, certains économistes et hommes et femmes politiques vanter le modèle économique allemand. Miss Merkel est venue tancer le gouvernement cocorico sur ses mauvaises notes. Chez beaucoup d’Allemands de ma connaissance s’est également répandue l’idée saugrenue que leur économie est en pleine forme.  Certes… mais à quel prix? Celui de la jeunesse sacrifiée, de nombreux salaires misérables sans revenu minimum, et d’une protection sociale qui laisse grandement à désirer.

Loin de moi l’envie de vous faire un billet économique. J’en serais bien incapable. Mais moi qui vis à Berlin, je suis navrée : je ne souhaite pas aux Français de connaître Hartz IV (l’équivalent allemand du RSA), ni le chaos des assurances maladies multiples et hors de prix, ni la médecine quasiment à deux vitesses, ni le minijob à 400 euros. Non, je ne souhaiterais même pas ça aux Suisses – qui pourtant le mériteraient, à force de planquer les dollars tachés de sang des pires mafias du monde. Lexique des mauvaises idées deutsch, à ne surtout pas reprendre par le nouveau gouvernement français.

Hartz IV

Probablement l’idée la plus nulle que des socialistes allemands aient jamais pu avoir. Hartz IV, c’est ce qui vous attend quand vous n’avez plus droit à rien, une sorte de RSA. Mais pour ça, il va vous falloir passer par les mains d’un service appelé Job Center et que pour ma part j’appellerai volontiers Humiliation Center. L’on vous y fait attendre debout, en file, sous le regard d’un cerbère, comme pour bien vous faire comprendre que, pauvre, vous êtes un criminel en germe.

Il vous faudra présenter vos extraits de compte tous les mois. Gare à vous si ce dernier montre une mention du genre « LE RESTAURANT MORITZ VOUS DIT MERCI! » Quoi, manant, vous avez osé aller au resto pour votre anniversaire au lieu de manger des raviolis Lidl? Gare à vous aussi si votre compte montre le moindre dépôt d’argent alors que vous êtes censé vous débrouiller avec les 400 euros du Hartz IV. Votre sœur vous a prêté cent euros? Planquez vite ça sous le matelas.

Autre horreur liée à Hartz IV : le job à 1 euro. Si vous refusez pour la troisième fois de prendre un boulot d’assistant en boucherie à Leipzig alors que vous êtes diplômé en informatique et vivez à Berlin, l’État peut vous forcer à travailler pour une foule de boîtes qui vous paieront… 1 euro de l’heure. Un peu comme dans un sweatshop en Malaysie, quoi.

En 2011, Hartz IV a été déclaré contraire à la Constitution allemande. Ce qui ne l’empêche pas d’être encore en vigueur.

Les caisses d’assurances maladie

Contrairement à la France, où l’on a sa sécu + une mutuelle, l’Allemagne dispose d’un double système d’assurance maladie : la publique et la privée. Les caisses publiques sont peu flexibles et plutôt destinées aux salariés en CDD ou CDI. Elles offrent une bonne couverture sociale. Assez chères au départ, elles sont sur le long terme moins coûteuses pour l’assuré. Les caisses privées sont plus souples, mais une fois que vous y avez été assuré, vous ne pourrez presque jamais plus retourner dans un système d’assurance publique. Les employeurs comme les salariés, les chômeurs et les free-lance en perdent leur latin.

Elles encouragent un système de santé à double vitesse. Les assurés privés obtiennent des rendez-vous beaucoup plus vite et plus tôt que les assurés du public.

Il est facile en France de montrer du doigt la dette de la santé publique :  dans l’ombre, les multiples caisses d’assurance maladie allemandes sont presque toutes en faillite ; mais atomisées, leurs dettes sont moins visibles.

Le minijob

L’un des plus grands scandales allemands, à mon avis. Comment un pays aussi civilisé que celui-ci peut-il volontairement sacrifier sa jeunesse avec le système du minijob? Le minijob permet aux entreprises de payer ses salariés 400 euros par mois, sans verser de charges sociales, celles-ci étant prises en charge par l’État, si vous êtes étudiant.

Malheureusement, le système du minijob peut être appliqué à n’importe quelle catégorie sociale. Nombre de jeunes gens sont obligés d’accepter ce job à 400 euros, même s’ils ne sont plus étudiants, tout simplement parce qu’il n’y a rien d’autre. Tenez-vous bien : dans ce cas, ils doivent payer leur sécu eux-mêmes. Et celle-ci oscille entre 200 et 300 euros par mois!

Les entreprises allemandes usent et abusent du minijob. Après des années de stage sous-payées, les jeunes diplômés doivent encore se taper l’humiliation du minijob. Parents, mettez la main à la poche si vous ne voulez pas voir vos enfants sombrer dans la dépression!

L’absence du revenu minimum

No comment. La simple évocation de l’absence de revenu minimum me fait bondir!

Il m’est arrivé de travailler avec une équipe dans laquelle des gardiens de musée, par exemple, étaient payés 4,50 euros de l’heure. Ils avaient tous plus de quarante-cinq ans, une expérience de plusieurs années dans le métier (sécurité des visiteurs, connaissance de plusieurs langues pour l’accueil des étrangers, connaissance des collections du musée, bases d’Histoire de l’Art…!!!) une famille à nourrir et ils faisaient des kilomètres en S-Bahn (équivalent du RER) pour venir travailler.

Cher François, cher Président français. N’écoute pas trop ceux qui te serinent que l’Allemagne se porte comme un charme. Les dépenses de santé, la protection des salariés et des chômeurs sont à mon avis indispensables à la cohésion sociale. On a tendance à l’oublier. On verra ce qui se passera quand il n’y aura même plus Hartz IV en Allemagne… Mister Hollande, si tu veux piocher dans les idées de Miss Merkel, je t’en supplie : ne va pas pêcher celles-là.

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manon

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62 réflexions sur “Medley des pires idées économiques allemandes

  1. Salut Manon et merci pour l’article très bien écrit.
    Globalement, je suis d’accord avec toi. Les médias aiment bien relayer des infos incomplètes dans le but de nous montrer que c’est mieux ailleurs.
    Toutefois, il y a certaines petites corrections qui me semblent nécessaires.
    En ce qui concerne le 400€ job: je suis moi même étudiant en Allemagne et j’en ai 2 (qui ont un lien direct avec mes études) qui me permettent de financer mes études et même de me faire plaisir, chose impensable en France et surtout à Paris. En France, on parle énormément de la paupérisation croissante des étudiants qui doivent faire leurs courses au restos du coeur. Je trouve que bien que ce système n’ait pas que des avantages, pour les étudiants, c’est quand même mieux qu’en France.
    Après, sur le reste, comme je l’ai dit je suis d’accord. Je pense toutefois que la France est trop permissive sur certains points. Le fait que certains chômeurs profitent du système financé par les actifs pour se la couler douce n’est pas normal pour moi et c’est là, à mon avis, qu’est la différence entre Francais et Allemands. Quand en Allemagne, être boucher n’est pas une tare, en France, le compte en banque est très important. Je pense que c’est pour ca que les Allemands rechignent moins à travailler, même pour un salaire très faible et que les Francais montent au créneau pour un rien (il suffit de jeter un coup d’oeil aux régimes spéciaux).
    Enfin n’est-ce pas parce que d’autres travaillent pour $1 de l’heure que nous avons pu bénéficié de salaires « convenables »? Dire: nous ne sommes pas en Chine est un peu facile de nos temps. En clair: les autres peuvent bien trimmer, nous non! Tout le monde veut avoir une part du gâteau et celui-ci n’est pas assez grand pour tout le monde. Les autres ont souffert avant et les Occidentaux (et surtout les Francais) ont apparemment un problème avec les compromis. Le résultat est là. Celui qui est prêt à souffrir s’en sortira, certes plus difficilement qu’avant et avec beaucoup de courage. Mais ceux qui se prennent trop pour des divas et veulent à tout prix conserver leurs avantages d’une époque révolue risquent de rester les mains vides.
    Ceci dit, encore bravo pour l’article, les infos et le ton très sympa

    1. Désolé Andreas de te contredire mais je suis bien d’accord avec l’article de Manon. Pour avoir vécu tant en France qu’en Allemagne et avoir traversé des mauvaises passes dans les 2 systèmes, je trouve néanmoins le système français meilleure. Même s’il y a l’immense trou de la sécu, au moins j’y ai pu soigner ma maladie chronique constamment, alors qu’en Allemagne avec mon diplôme d’école de commerce, j’ai travaillé à mon compte de manière passagère suis passé de la sécu publique au privé pour économiser des sous, quand j’ai vu que je ne pouvais plus joindre les deux bouts malgré mon activité à mon compte et que je voulais repasser dans le publique je suis passé par tenez-vous-bien: presque deux ans sans sécu… Aucune, ni publique, ni privé ne voulait me prendre, ils se renvoyaient constamment la balle avec la nouvelle loi sur les « Basistarife der Privatkassen », des tarifs de base des sécus privés donc. Contrairement à son nom, ce tarif est à la hauteur de 599 Euros par mois ce qui est mathématiquement impayable avec un Hartz IV que j’étais obligé de toucher à ce moment là. Tu peux me croire qu’avec presque 100 000 euros de dettes pour les hôpitaux, sans compter mes médicaments je préfère logiquement le sytème français où au moins je n’avais pas de soucis à me faire quant à la prise en charge de mes médicaments…
      Voilà je pourrai continuer longuement sur le sujet encore, mais je pense que Manon a très bien dit l’essentiel (et il est 6 heures du mat’) je vais donc vous laisser retourner vaquer à vos occupations.

      A plus mes anges

      Josef

      1. Chers Andreas et Josef,

        Vous êtes Allemands tous les deux? Votre Français est, comment dire… plus que parfait… bravo! :)

        Josef, la description de tes deux années sans sécu me rappelle tristement que j’ai vécu la même chose et qu’en plus, la TK m’a demandé de la rembourser rétroactivement, prétendant m’avoir assurée tout ce temps! Hallucinant, je n’avais même pas droit à une carte de sécu…

        Andreas, je suis un peu inquiète quand je lis tes derniers mots.

        Je te cite :
        « Dire: nous ne sommes pas en Chine est un peu facile de nos temps. En clair: les autres peuvent bien trimmer, nous non! Tout le monde veut avoir une part du gâteau et celui-ci n’est pas assez grand pour tout le monde. Les autres ont souffert avant et les Occidentaux (et surtout les Francais) ont apparemment un problème avec les compromis. »

        Eh bien, non, je ne suis pas du tout d’accord! Nous devrions être un modèle de protection sociale pour les pays émergents et certainement pas nous caler sur un modèle qui opprime les salariés, fait travailler des enfants et des femmes enceintes (qui parfois préfèrent avorter à l’aiguille à tricoter plutôt que de perdre leur job dans une usine de textile). Non! Ce discours-là, Andreas, me paraît véritablement dangereux…

        Ce n’est pas parce que la France a su, parfois, redistribuer ses richesses de manière plus équitable que d’autres pays que « nous en sommes là » mais bien plutôt parce que les actionnaires et autres banques rapaces ont décidé que la plus grosse part du gâteau leur revenait.

        Depuis quand devons-nous travailler comme des chiens pour des salaires pourris, dans une ambiance pourrie, et consommer toujours plus pour « relancer la croissance »? La croissance… Croître encore et toujours, jusqu’à ce que la Terre explose? La France est l’un des rares pays au monde à respecter les droits sociaux les plus fondamentaux et peu importe la crise. Ce qui compte, c’est l’Homme, sa santé, son éducation, une productivité mesurée qui laisse le temps au reste – je veux dire la vie.

        Les jobs à un euro sont tout bêtement un esclavage. En Chine, comme en Allemagne. Et le prix à payer sera fort…

  2. Tout à fait d’accord avec votre analyse des 400 EUR Jobs et du Hartz IV… mesures de fracture sociale qu’on n’évoque jamais dans les louanges unanimes sur l’économie allemande.

    1. Merci Anne. Oui, j’aimerais que les Français sachent ce que c’est que le Hartz IV et le Minijob et qu’ils regardent ensuite la qualité de leur protection sociale d’un œil un peu plus bienveillant… et surtout, qu’il la protègent à tout prix!

  3. Merci d’avoir fait ce point. Tous les Francais devraient lire cet article.

    Ceux qui ne voyent pas bien en quoi consiste un système de santé à deux vitesses, quelques exemples rencontrés :
    – « pour nous contacter, voici le numéro pour assurés publics : … » (toujours occupé et où les Quatres Saisons de Vivaldi vous demandent de patienter encore quelque instants jusqu’à ce que votre forfait téléphonique expire) « et voici le numéro pour les assurés privés : … »
    – pour le privé, là encore, les échelons sont posés : certains ont droit à une chambre individuelle en hôpital, d’autres à être soignés personnellement par le médecin chef, etc.

  4. Moi je suis contre le salaire minimum, farouchement contre.

    Et c’est un smicard qui vous le dit!

    le salaire minimum est une escroquerie, une manière de nous rejeter dans un ghetto où nous sommes condamnés à ne JAMAIS gagner PLUS que cette saloperie de smic.

    Pourquoi les défenseurs du SM sont-ils toujours des « créatifs », des natis, des rupins qui gagnem 2,5 X le smic (comme M. Houellebecq les décrivit si bien)?

    Nous on vous demande rien, laissez-nous tranquilles! Le systéme de la RFA n’est pas parfait, nous sommes d’accord, mais au moins il encourage moins les feignasses et autres parasites comme en fRance. Au moins, cette fumisterie de 35 h n’existe pas ici. Et c’est un « prolo » (au sens français, pas un Proll) qui vous le dit.

    Alors NON, NON et NON au salaire minimum! Je veux la liberté de gagner plus!

    Mais la plupart des néo-français de berlin sont des bobos et vous n’écouterez donc pas mon coup de gueule. A mort le salaire minimum! Que cette idée nauséabonde de bourge crève!

    1. La haine n’arrange jamais rien. Je n’aime pas que l’on traite les gens de « néo-bourges » gratuitement, désolée…

      Pour avoir trimé des années dans des jobs à 5 euros de l’heure, je suis une partisane farouche du salaire minimum.

      Qui est « nous »? Avec qui vous êtes-vous mis d’accord pour décider que les Français de Berlin étaient des salauds de capitalistes? Je trouve votre discours vraiment contradictoire et le ton est malheureusement très agressif. D’autant que vous n’avez pas osé mettre votre adresse e-mail. Ayez au moins le courage de vos opinions si vous souhaitez insulter les Français de Berlin.

      Bonne journée,

      Manon

      1. C’est la première fois que j’écris sur ce site.
        Bravo Manon pour ta réponse à celui qui traite certains de feignasses …usw; On nous gave du matin au soir avec l’idée qu’en Allemagne c’est mieux c’est tellement d bon ton

  5. Marrant de dépeindre que le coté négatif de Hart 4… Quid du fait que l’économie allemande carbure alors que toutes les autres sont à l’arrêt (depuis 4 ans!)? Quid du fait que grâce à ce gain en compétitivité, beaucoup de personne ont du travail?

    En gros, je n’aime pas ton article et je pense effectivement qu’il est écrit par une française neo-bobo de Berlin.

    1. Et vous Arbo, vous nous écrivez d’où? D’Allemagne? Permettez-moi d’en douter… Marrants ces Français qui, de derrière leur écran d’ordi, à Villetaneuse, ont réponse à tout sur tout. L’économie allemande « carbure »? Ah, je suis sûr que cela fait chaud au cœur aux huit millions de working poor d’Allemagne, qui gagnent en moyenne 6,60€ de l’heure. 2,5 millions de personnes gagnent moins de 6€ de l’heure, et 1,4 million, moins de 5€.

      http://www.dw.de/germanys-working-poor-drive-the-countrys-jobs-miracle/a-15808146

      5€ de l’heure, imaginez-vous… À 40 heures par semaine (càd bien plus que la moyenne allemande qui se situe dans les 36-37 heures) cela vous fait 850€ bruts bien tassés par mois. En travaillant à temps complet hein. À déduire: assurance santé, logement, nourriture…

      Ah, mais puisqu’Arbo pense que l’économie « carbure » grâce à la « compétitivité » de ces salaires de misère, donc tout va bien! Il n’y a que les « néo-bobos » de Berlin pour trouver à en redire.

      1. @arbo: on ne remet pas en cause la bonne santé de l’économie allemande mais le fait que cette reprise se doit faite sur le dos de la partie la plus faible de la classe moyenne qui s’est apauvrie. C’est d’autant plus dommage qu’avant les classes sociales allemandes étaient relativement homogènes, du moins par rapport à la France. Or l’écart social s’est fortement creusé entre riches et pauvres ces dernières années. Il suffit de regarder les centres des grandes villes, les magasins de luxe pullulent et se portent bien; donc dans le même temps, une partie de la population s’est enrichie … !

        1. « les magasins de luxe pullulent et se portent bien; donc dans le même temps, une partie de la population s’est enrichie … ! » :

          @Anne, je suis tellement d’accord avec toi! Il n’y a plus d’argent? Mon c***. Plus personne ne pourra désormais nous faire croire que « la crise » n’est pas le fonctionnement normal du capitalisme, comme le dit souvent mon ami @zambrano…

          Le vieux proverbe « la malheur des uns fait le bonheur des autres » n’a pas été inventé pour rien. C’est peut-être bête à dire, mais si on y regarde à deux fois…

  6. @ arbo, l’economie allemande carbure? Mais à quel prix ? Et pour combien de temps ?

    Dans la boîte où je bosse actuellement (en France) les salariés sont plutôt bien lotis. Mais ce n’est pas le cas des salariés du restaurant d’entreprise. Ils ont une base salariale minimale mais aucune perspective d’avancement et ce sont principalement des temps partiels. Ils gagnent donc une misère, je n’ose imaginer ce que ce serait sans le salaire minimum. Une femme que je côtoie quotidiennement ou presque a dormi dans sa voiture plusieurs mois.

    Bref je m’égare mais @Alain, votre « liberté de gagner plus » ne serait en réalité que « la possibilité de payer moins » pour d’autres.

    1. Olympe, merci pour cette contribution, car je crois que les défenseurs du libéralisme total dans les salaires oublient souvent de regarder… dans la cantine de leur propre boîte. Édifiant, terrifiant.

  7. Bonjour Manon,

    Merci de dire avec tes jolis mots une réalité si moche! J’ai connu aussi la situation de freelance, heureusement pour moi mon copain (allemand) est fonctionnaire, ce qui m’a permis d’avoir un tarif « acceptable » dans une caisse privée, de 300€/mois.
    Tout ça en ayant dû prouver n’avoir pas eu de problèmes de santé sérieux sur les 5/10 dernières années…
    Fait froid dans le dos, pour ceux qui ont le moindre pépin de santé au préalable (même mon allergie au pollen a failli les faire tiquer… ah ah) et qui ne peuvent pas se payer une sécu aux tarifs exorbitants.
    Article relayé!

  8. Manon, vous avez été 5 ans au smic… mais avec la certitude rassurante qu’au bout, vos diplômes vous en feraiet sortir, tôt ou tard.

    Vous êtes en quelque sorte venue vous promener dans le smic, comme la contesse de Ségur allait visiter ses pauvres.

    Vous avez déjà travaillé en usine, Manon? Pas un été, comme job étudiant hein! Vous vous êtes déjà levée à 4h et demie du mat, tous les jours? Moi oui. Pour 1000 € net! C’est une honte! Prends tes 1000 € net et ferme-la, esclave!

    Voilà ce qu’est VRAIMENT le smic! Ne me parlez pas du smic je vous prie, cette invention stupidissime.

    Mais vous n’avez même pas idée de ce que ressentent les VRAIS smicards, les non-étudiants, ceux qui sont CONDAMNES à n’en jamais sortir.

    Vous pourriez faire preuve de plus d’empathie, et je vous prie de croire que je m’adresse à vous sans haine! Même si, c’est vrai, les prolétaires comme moi auraient bien le droit de haïr cette jeunesse des beaux quartiers qui veut donner son avis sur le social sans savoir. Ah, les « intermittents du spectacle »! Quels branleurs, excusez-moi de l’expression!

    Le système allemand n’est pas parfait, encore une fois (Hartz-IV est un scandale, en effet) mais il est meilleur que le français, ne vous en déplaise, et là je rejoins Arbo.

    Et je vous salue sans haine.

    Cordialement, sans haine, sans violence (et sans armes).

    1. Vos propos, Alain, sont incohérents, s’adressent à moi comme si vous me connaissiez (mais ce n’est pas le cas puisque vous dites n’importe quoi de moi), et je suis fatiguée à un point inimaginable par ces discours d’agression entre classes sociales alors que vous ne connaissez ni mon passé, ni ma vie actuelle.

      Oui, je sais ce que c’est que le Smic et je ne parle pas de jobs étudiants. Mais loin de moi l’envie de vous faire la liste des difficultés passées et à venir dans ma vie et celle des autres. A l’heure où les banques ont mis tout le monde dans la merde (et où nous les avons laissées faire), je ne vois nullement l’intérêt de se taper sur la gueule entre citoyens. Pour moi, c’est un discours qui date des années 50.

      Je suis la première à regretter que vous ayez dû encaisser autant de difficultés, croyez-moi, cher Alain, mais rien ne sert de venir déverser de la rancœur sur le blog d’une personne qui revendique un peu plus de justice sociale en Allemagne comme en France. Franchement, vous vous trompez complètement de cible.

  9. Bonjour Manon,
    Pour ajouter de l’eau à votre moulin, cela a été assez peu relevé en France, mais selon des statistiques officielles émanant du gouvernement et rendus publics en décembre 2011 par le groupe parlementaire Die Linke, l’une des conséquences directe de l’agenda 2010 et des réformes Hartz aurait été une chute assez brutale de l’espérance de vie des populations les plus pauvres…

    http://www.sueddeutsche.de/leben/lebenserwartung-von-geringverdienern-sinkt-dramatische-zuspitzung-der-einkommenskluft-1.1232605

    http://lexpansion.lexpress.fr/economie/les-pauvres-en-allemagne-meurent-de-plus-en-plus-jeunes_274631.html#xtor=RSS-115

    Si une telle tendance s’avérait fondée, cela enfoncerait alors un sacré coin dans ce modèle allemand dont on nous rebat les oreilles en France. On voit mal en effet ce que pourrait-être un « modèle » vendable et exportable, en l’état – qu’il soit social ou chrétien-démocrate – qui aurait pour conséquence l’inversion d’une des aspirations les plus fondamentales des démocraties, à savoir la convergence des niveaux de vie, et en premier lieu, des espérances de vie. D’autant que cela, sauf contredit, constituerait une exception européenne… Certes, partout les inégalités tendent à se renforcer (en Allemagne peut-être encore plus qu’ailleurs) mais un tel retournement de l’espérance de vie d’une catégorie de la population est apparemment sans autre exemple…

    Cependant, comme toute tendance statistique, je constate qu’elle est sujette à d’interminables disputes d’interprétation: http://www.demografie-blog.de/2011/12/lebenserwartung-von-geringverdienern-sinkt-nicht/

    De même pourrait-on disputer interminablement de la fameuse compétitivité allemande par le coût du travail ou du taux de chômage historiquement bas et notoirement truqué selon certains…

    Le fait est qu’il faudrait commencer par démystifier le modèle en comparant des choses comparables, au lieu de se gausser d’indicateurs économiques qui ne mesurent la plupart de temps que l’impuissance des experts à rendre compte du réel… A cet égard, l’Allemagne est en effet assez performante…

    Sur ce sujet, il y a un excellent dossier ici: http://fr.myeurop.info/dossier/le-miracle-allemand-a-quel-prix

    Enfin, il semble que les choses soient quand même en train de changer et que l’Allemagne commence à prendre conscience de la nécessité de soutenir la demande intérieure en relevant les minima sociaux. Il est de nouveau question d’un salaire minimum et d’une révision d’Hartz IV…

    Bonne journée

    1. Cher Ivan, merci pour ces liens vers des articles, ma fois… éclairants et inquiétants à la fois.

      « Le fait est qu’il faudrait commencer par démystifier le modèle en comparant des choses comparables, au lieu de se gausser d’indicateurs économiques qui ne mesurent la plupart de temps que l’impuissance des experts à rendre compte du réel » : voilà, c’est exactement mon propos – à petite échelle bien sûr, celle d’une citoyenne qui vit entre les deux systèmes.

      Je rêve qu’Hartz IV soit bouleversé de fond en comble et j’attends impatiemment ce jour, mais j’y crois un peu autant qu’au Père Noel…

  10. Merci Manon pour l’article. Comme qui dirait, je suis Camerounais et la querelle entre système sociaux allemand et français ne me concerne en réalité que d’une manière détournée. Ceci dit, ton article a le mérite de nuancer tout ce que les médias français nous racontent sur le « modèle économique allemand ». Sarkhozy en tête ! Mais pour moi qui suis Camerounais vivant au Cameroun, je trouve que se serait bien d’avoir déjà un système même bancal qui fonctionne et qui me donne, non pas 400 euros mais seulement la moitié. (J’exagère peut-être !). Mais je t’assure, il y en a chez nous qui donneraient tout pour pouvoir sortir de chez eux le matin, rentrer le soir et espérer un pécule à la fin de la semaine ou à la fin du mois. Il est possible de faire six mois de stage dans une boîte sans aucun salaire, sans aucune rémunération; même pas l’argent de taxi. Rien. Est-ce normal ? Non. Donc, vos querelles sur les 400 euros semblent voler bien haut pour le Camerounais de 25 ans que je suis.

    1. Salut William,

      Je comprends bien sûr que cette discussion puisse paraître choquante pour un Camerounais. J’ai eu la chance d’aller au Cameroun avec RFI l’an dernier et la comnparaison est malheureusement impossible. La disparité entre les niveaux de vie allemands et camerounais est trop grande pour permettre une quelconque discussion sur ce sujet ; ce serait indécent de ma part.

      Mais vivre en Europe dans un pays industrialisé et démocratique devrait signifier une protection sociale accrue, or le fait est que celle-ci commence à régresser du fait de la « crise » (elle a bon dos, celle-là). Personne ne peut vivre avec 400 euros en Allemagne ou en France. Pour ceux qui n’ont que cela, c’est la misère assurée. Et la solidarité européenne n’est pas aussi grande que celle dont j’ai été témoin en Afrique. Avec 400 euros en France ou en Allemagne, on est pauvre, on est seul, on n’est rien.

  11. Comme d’habitude, un article très intéressant.
    Ceci dit, je trouve qu’il n’est pas très objectif, dans le sens où il ne montre que la facette négative (qui reste bien sûr vraie!).

    On a bien donc d’un côté:
    – Une assurance maladie chère
    – Un système HartzIV très dur.

    Pour avoir travaillé un peu partout en Europe, je me suis rendu compte que le système français était le plus avantageux envers les salariés, dans le bon sens comme le mauvais (le mauvais étant tt simplement que les comptes sont plombés!)
    La sécurité sociale coûte peu cher au salarié et rembourse plus d’actes que ds la majorité des pays européens. Le système de chômage en France est très pb le plus généeux d’Europe. Il n’y a aucun pays d’Europe où la limite maximale des Assedic est tellement élevée. Par exemple en Suède elle de 1900€/mois max. Je ne vous parle même pas des pays du Sud ou de l’Angleterre où c’est dérisoire.

    En revenant à l’Allemagne, certes avec les systèmes de HartzIV et de non-existence du salaire minimum la disparité entre riches et pauvres a tendance à s’aggraver.
    Cependant la « majorité de la population » ne vit pas avec le HartzIV ou avec un salaire très bas. En fait, la moyenne des salaires allemands est de 8 à 10% plus élevée que celle des salaires français. Et cette différence s’accroît plus les gens sont diplômés. Donc la majorité des allemands gagnent mieux leur vie que les français.
    En plus de cela, le coût de la vie dans les villes principales allemandes est bien inférieur à celui des villes principales françaises, surtout pour l’immobilier.

    Ils gagnent plus et dépensent moins, pour moi cela fait une sacré différence niveau qualité de vie!

    1. Je suis d’accord avec vous, ce qui ne veut pas dire forcément qu’on cautionne Harz IV et ses dérives , POur avoir quelques amis qui en vivent et qui doivent sans cesse se justifier devant le job center, je sais combien c’est révoltant , surtout quand on pense dans le long terme: que feront ces gens qui survivent en alignant 3 minijob pour survivre, sans payer de retraite par exemple? ce système n’est supportable que quand il est passager. Or, on voit chaque jour, comment les entreprises , les collectivités locales, le commerce usent et abusent du dispositif ,sans se préoccuper du sort des personnes concernées, et donc de la société toute entière á long terme. Il y aura des gens qui auront alignés tous ces boulots, sans avoir aucune ressource la retraite venue.
      Une fois dit cela, il serait temps aussi de se rappeler les conditions des pauvres en France. Les journaux sont pleins , le regard dans la rue, surtout à Paris, mais également en province, nous montre combien cette pauvreté s’étale . j’ai moi-même une partie de ma famille qui vit du RSA, et je n’ai pas l’impression que leur sort soit enviable ou plus confortable que ceux qui vivent de Harz IV ici.
      Pour être bref, d’accord pour critiquer l’Allemagne, mais que propose la France? a-t-elle été capable jusque là de réformer son système dans sa logique? qu’offre-t-elle à ses jeunes , si ce n’est la désespérance, actuellement?( moi-même, j’ai quitté la France ,il y a plus de 25 ans par peur du chomage et du manque de perspective…maintenant, c’est bien pire…. Non seulement, les pauvres sont aussi nombreux , mais en plus les comptes de la sécu, de l’Etat, sont plus que dans le rouge. ( il est faux , entre parenthèses , de dire que les caisses d#assurance maladie sont défécitaires , comme il a été affirmé plus haut: cette année , elle sont excédentaires, justement, parce qu’il y a plus de gens qui travaillent, et parce qu’elles ont su , les unes mieux que les autres, gérer leur budjet. La mienne me remboursera 75 euros en mai par exemple….) A force de vouloir tout préserver, on va finir en France par tout perdre….Alors , regarder du côté des pays où c’est « moins pire », c’est peut-être pas mal non plus….

      1. Bonjour Melusine,

        A vous, je ferai un peu la même réponse qu’à Antoine, mon billet n’est pas un billet généraliste prônant le fait que la France, c’est mieux et l’Allemagne, c’est mal :)

        Je souligne simplement quelques points qui me paraissent jurer avec l’idée que l’allemagne pète le feu économiquement et que ses décisions sont la panacée aux problèmes européens.

        Quant aux caisses d’assurance maladies, il ne s’agit que de quelques-unes (TK, AOK) qui font des bénéfices, les autres se portent mal, pour preuve la faillite de la City BKK qui a déposé le bilan en juin 2011 et qui n’est que le pire exemple de la gestion catastrophique de l’assurance de la santé en Allemagne.

        1. la gestion des caisses d’assurance maladie est loin d’être catastrophique en Allemagne….la city BKK est un bien mauvais exemple, autant que je me souvienne, une caisse qui était sortie de rien ( en partie du LAnd de Berlin, autant dire condamnée à la faillite!) et qui est rentrée dans son néant. Personnellement, je suis à la HEK et elle n’est pas la seule à avoir fait des bénéfices en 2011/2012. A cela plusieurs raisons, malgré le vieillissement de la population: une meilleure gestion justement d’unités plus petites, et surtout plus de gens qui travaillent et qui côtisent qu’il y a encore 10 ans en Allemagne, quant à la prise en charge, j’ai moi-même toujours été choquée par ce système public/privé qui s’est encore accentué ces dernières années…mais là encore, cela se retourne contre les Privatpatient…à long terme, leurs cotisaitions sont tellement énormes ..
          De plus , je ne suis pas d’accord avec vous sur l’image du modele allemand hyperperformant dans la presse francaise: ce sont bien souvent les politiques de droite qui présentent cela, mais la presse étant majoritairement de gauche, elle s’empresse d’empiler des articles sur tout ce qui ne marche pas….cette même presse est pleine de ces articles qui mettent en exergue la précarité en Allemagne, au point où , il y a qq années, en France , on me considérait comme une riche immigrée, maintenant dans toutes les conversations , la première chose qui vient comme un réflexe de Pavlof, c’est les jobs à un euro et la précarité, comme si il n’y avait plus que cela…à croire que, quand on ne connait pas l’Allemagne, on croit qu’on en est retourné aux temps du Lumpenproletariat…., alors que parallèlement à cela , en France , on ne peut pas allumer la radio , la télé sans qu’on nous dise le nombre de non-logés, les 23% de jeunes pauvres,etc…..mais malgré tout, on tire sur l’Allemagne et on pense qu’il faut rester comme on est…, surtout rien changer… Ce matin , en cours , nous avons eu cette conversation, avec de jeunes Allemands qui venaient de passer un an en France, ils ont eu exactement la même expérience: être obligé de rectifier le tir sur cette vision catastrophiste de la société allemande: elle existe, et il ne faut pas la cacher, mais quant à ne plus voir que cela…
          et puis encore la même question: oui pour garder tout ce qui marche en France, mais qui paye? Comment le financer? le génie francais devrait pouvoir répondre á cette question…

    2. Cher Antoine,

      je constate qu’il y a un léger malentendu. Tu sembles penser que j’ai écrit un article qui vilipende la gestion des affaires sociales et économiques en Allemagne, or ce n’est pas le cas : juste une liste non exhaustive des mauvaises idées allemandes, parce qu’on nous fatigue avec les prouesses financières des Deutsch. Juste ce que Hollande ne devrait en AUCUN cas copier, à mon avis.

  12. Dis donc ça fait des étincelles ici ;)
    6 fois sur 10 je suis outrée lorsque je viens sur ton blog. Non je plaisante, mais disons que je fais partie des sceptiques. Mais pour le coup je tombe d’accord, et quel article! De quoi ouvrir les yeux à ceux qui ne jurent que par le modèle économique allemand.

  13. Salut Manon,

    je sais que j’arrive après la bataille, mais c’est parce que je veux pas batailler.
    Je viens juste te dire MERCI pour ton blog en général et pour ce billet en particulier. MERCI car je suis tellement d’accord avec toi que j’aimerais te serrer dans mes bras pour t’exprimer ma gratitude de savoir si bien exprimer ce que je m’égosille à expliquer à beaucoup des mes amis, francais- mais mes amis francais sont en général déjà plutôt de mon avis, et surtout allemands, qui non seulement sont hermétiques à ma verve militante mais parlent une langue avec trois genres et six cas grammaticaux.

    Je vis à Berlin depuis plus de trois ans, et côtoie des gens pourtant un peu politisés (genre ils vont parfois dans une démo avec un gros sound system contre la fermeture de Tempelhof ou pour soutenir les réfugiés ou dénoncer la dictature de la mode- je sais je caricature mais je suis sûre que tu vois de quoi je parle), et je TRAVAILLE (et oui!) dans une start-up en mode poudre aux yeux.
    Pourdre aux yeux, car offrant des conditions à ces employés semblant très avantageuses, et remplie de ces businessmen « créatifs » a priori plutôt ouverts et pas du tout réacs. Mais alors sur les questions économiques et politiques ils sont complètement abrutis par le discours d’économie mainstream servi par les médias généraux (j’adore mes collègues- c’est pas de la haine juste de l’agacement devant tant d’apathie et de manque d’ esprit critique). Et ca, je dois le constater à chaque fois que s’ébauche une discussion avec un semblant de fond politique, à l’occasion de l’ élection de Hollande, des grèves en France (quoi de plus hilarant et incompréhensible, pour un deutsch de base, que nos grèves manifs et protestations en tout genre). Et moi de m’étrangler sur leur « mais comment voulez-vous continuer à travailler jusqu’à 60 ans alors que la population vieillit » et de me lancer sur une explication sur la hausse relative de la productivité par citoyen ou des « mais attend on paye notre (armée de) stagiaires 400 euros par mois dans d’autres boîtes ils payent 200 euros ou rien du tout » – ah oui pardon alors c’est bien, surtout pour les stagiaires qui ont 29 ans et Abi+8 c’est normal d’être payés 400 euros, ils devraient être contents.
    Mais le pire, c’est qu’ils sont contents!

    L’exploitation joyeuse, c’est ca la force de l’Allemagne à mon avis, c’est d’ avoir réussi à à la fois éduquer ses citoyens pour en faire des bons ingénieurs tout en atrophiant leur esprit critique pour que même les éclairés aient foi en un système où les inégalités sont vues comme un « mal » nécessaire, un léger sacrifice pour le bien commun, un oreiller en poils qui pique mais assez confortable pour faire oublier complètement les plumes de soie sur lequel il repose.

    Mais je m’égare au début je voulais te demander si il y avait une traduction en allemand (ou en anglais) de ton billet quelque part ? Et puis te dire merci aussi, vraiment!

    1. Bonjour Léa, merci pour ce message qui me fait chaud au coeur.
      Non seulement parce que tu as su comprendre pourquoi j’avais posté ce billet, mais aussi parce que tu sembles garder un esprit critique à Berlin, ce qui fait défaut à certains Francais exilés – par peur de passer pour des « ingrats », sans doute. (Le style « si t’es pas content rentre en France! » Mais moi, je me sens Européenne, on m’en a rebattu les oreilles toute ma vie, de cette Europe, alors maintenant je défends les frontières ouvertes et je tente de penser large).
      L’Allemagne est en train d’imposer à l’Europe une facon de faire qui est économiquement et socialement plus que discutable, comme si les investissements dans une société équitable et juste n’étaient pas payants sur le long terme. Cela me rend dingue, de voir l’Europe reculer sur des décennies d’idéaux sociaux chèrement acquis, qui ont fait des miracles après deux guerres et des crises économiques catastrophiques.
      Oui, je reconnais dans ton commentaire l’esprit qui règne aujourd’hui à Berlin même chez les défenseurs de l’économie « cool », jeune, moderne, avant-garde : mon c**. Tu as raison de dénoncer cette attitude aveugle, de parler d’exploitation joyeuse.
      Merci à toi Léa.
      Let’s be aware, comme dirait l’autre.

  14. Manon, tu oublies que c’est la Gauche allemande qui a introduit cette m… de Harz-IV, pas la Droite.

    Alors qu’espères-tu donc de Hollande? Encore un menteur qui, comme Pasqua, pense que les promesses électorales n’engagent que ceux qui les reçoivent.

    Les Allemands, wenigstens, sont moins hypocrites.

    La conclusion?… Logique!

    Drouâte = Gôôche = tous pourris. Tout le monde à la poubelle, allez. Du balai!

    Sur ce, bonnes Fêtes quand même!

    1. Alain, tu lis un peu vite :

      « Hartz IV

      Probablement l’idée la plus nulle que des socialistes allemands aient jamais pu avoir. »

      Je suis loin d’avoir oublié… mais Hollande n’est pas Schröder, la gauche allemande n’est pas la gauche francaise et puis je ne crois pas au concept de tous pourris parce que cela ne nous mènera pas bien loin…

      Allez Alain, bonnes fêtes, Kopf hoch

      xx Manon

  15. Bonjour,
    En France il n’est pas exacte de dire que nous bénéficions d’une SS et Mutuelle
    La mutuelle n’est pas une obligation
    Nombre de St dans le privé ne proposent pas de Mutuelle à leurs employés
    J’ai travaillé uniquement dans le privé donc je maitrise ce sujet. Jamais de mutuelle proposée.
    Enfin, certaines mutuelle proposées au sein des entreprises sont très chères.
    Mieux vaut avoir un gros salaire!!!!
    Cordialement,
    Colette

  16. Salut Manon,

    Je ne suis pas toujours foncièrement d’accord avec ce que tu écris mais je dois dire que là je fais une standing ovation à moi seul pour saluer ton article !
    Je rentre en France d’ici quelques jours et je frémis d’avance de ce que je vais entendre… Le français est d’une nature plaintive mais je trouve que ça atteint des sommets ces temps-ci. Ce que je n’entends pas chaque semaine via les réseaux sociaux ou par téléphone venant de ma famille ou de ma belle-famille… Il est bon de rétablir la vérité sur la vie à Berlin, les désagréments et que même si le 20h affirme tous les soirs que le pays se porte bien, des millions de gens sont mis de côté, laissés à la traîne par un système que nous n’avons pas à envier !
    J’avais imaginé ironiquement offrir une enveloppe de faux-billets pour mon mariage, à chacun de mes invités de France, en argumentant sur le fait que je vivais riche dans le pays le plus riche d’Europe ! La réalité est loin du compte…
    Enfin bon, on arrivera bien à faire passer le message !
    Bravo encore.

  17. Salut à tous… Toll, cette floppée de comments… Pour Hartz, il faut rajouter que les enfants y ont droit aussi, tout le monde, alors les couples ne sont pas obligés de vivre séparément pour toucher plus… l’alloc logement, le WBS (Wohnberechtigungsschein) c’est pas mal non plus… et pour la sécu, quand on est salarié, AOK etc. c’est OK, pas besoin de complémentaire… Ceci dit, les taux horaires en Allemagne, c’est effectivement une honte, kein SMIC…

    Allez macht’s jut, et bravo Manon d’avoir su créer cette plate-forme grce à ton article. SK

  18. Excellent article!!!!! On en parle beaucoup avec mes parents au téléphone et c’est exactement les points que j’évoque avec eux. En plus, ok je sais que les metiers lié à la gastronomies sont durs que tu n’as pas de life quand tu les exerces mais imagine une Jap qui bosse dans un gros hôtel de luxe K…sky à Chb et gagne moins que moi (qui gagne assez pour vivre mais c#est pas non plus the big salaire) et qui bosse par Schichte de 12 d’affilée sans pause -sans parler des heures sup, 7/7 quasiement et qui accroche toi bien est CHEF Patissiere!! J’en ai parlé à mon père, qui vient également de cette branche: en France, elle gagnerait le double voir le triple… C’est une HoNtE :-/

    1. Un article du « Point »… je n’ai pas envie de dire le mot « torchon » mais oups trop tard, je crois que c’est dit… et vous, êtes-vous économiste?

  19. Ahah, c’est typique: quand ça contredit ses thèses, on conteste la source.

    La méthode marxiste est bien connue.

    Vous êtes une marxiste. Quod erat demonstrandum.

    Sauf que le marxisme, c’est nauséabond: 160 millions de morts, c’est le pire génocide de l’Histoire. Cf. Stéphane Courtois, mais naturellement vous allez contester ses chiffres… Du Révisionnisme historique, peut-être?

  20. Merci pour ton article!
    Je suis dans une situation délirante depuis juillet . j’ai bossé 9 mois à Berlin et donc j’ai cotisé . Pourtant , en tant que citoyen européen, je n’ai droit à rien . Aucune aide est possible et je dois payer une assurance santé (obligatoire) librement : 200 euros par mois ! Que du bonheur et encore, heureusement que j’ai eu l’aide d’une amie bilingue car sans elle , impossible de s’inscrire … Bref, vive l’Europe !

    1. Bonjour Juquette, j’ai vécu exactement la même chose. Il faut t’inscrire au Hartz IV, l’équivalent du RMI. Ils te paieront ton assurance maladie. Avant de comprendre ça, j’ai passé des mois au radar… avant de retrouver, heureusement, un boulot.

  21. Juste quelques remarques au passage :
    – Les mini jobs sont loin d’être la solution idéale, mais ne vaut-il pas mieux travailler à un bas salaire plutôt que d’être sans emploi et toucher des allocations, parfois pendant plusieurs années d’affilé ? Au moins dans le premier cas, on reste dans le monde du travail et on bénéficie d’un minimum de reconnaissance sociale, avec éventuellement la possibilité de trouver un emploi acceptable au bout de quelques temps. Je ne veux pas défendre Hartz IV qui a visiblement de nombreux défauts, mais je pense qu’une solution intermédiaire et plus humaine pourrait être trouvée.
    – L’assurance publique allemande lorsque l’on est salarié et en relative bonne santé, ça fonctionne très bien. En plus de 6 ans, j’ai rarement eu à débourser plus de 10 € par trimestre pour des consultations et soins. Maintenant, on a même plus besoin d’avancer d’argent quand on va chez le médecin. Cela dit, je trouve ça inacceptable que les assurés privés aient la priorité sur les autres. J’ai déjà eu à attendre plus de 3 heures alors que j’avais rendez-vous, parce que des assurés privés s’étaient pointés à l’improviste.
    – Ce n’est pas le sujet de l’article, mais il est ici beaucoup question de Berlin, qui est un cas très particulier en Allemagne. En effet, la précarité est beaucoup plus présente que dans le reste de l’Allemagne : taux de chômage très élevé, emplois mal payés, stagiaires et étudiants qui constituent une part importante des salariés dans les start-ups, etc. Je voulais juste dire que dans de nombreuses régions d’Allemagne (notamment dans le sud), les inégalités sont moins marquées et que les gens se portent plutôt bien dans l’ensemble.

    1. Bonjour Jul,

      Hélas, dans le Sud de l’Allemagne les inégalités sont extrêmement marquées en dépit de ce que tu sembles penser. Il suffit de faire un tour à Francfort pour y voir une génération de jeunes sacrifiée dans l’héroïne, rôdant autour de la gare, laissés-pour-compte du somptueux miracle économique allemand dans cette ville qui se prend pour New-York mais ressemblera sans doute un jour à Detroit, puisque le capitalisme et son mode de fonctionnement par crises successives n’épargne personne, même pas les grandes places financières.

      Le minijob n’est pas du tout une solution à mon avis, même pas une solution transitoire. Vaut-il mieux être exploité que de toucher des allocs? Ce discours m’angoisse. Non, je préfère toucher des allocs et être libre de me battre pour trouver mieux. L’exploitation est injustifiable. Quant au Hartz IV, il est une insulte à la dignité humaine et devrait être réformé d’urgence. On ne peut pas être complaisant avec ce genre de choses quand on se dit première puissance économique et démocratique d’Europe. Voilà mon avis.

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