Tchüss, Berlin.

Le vieux poète et l’ange sur la Potsdamer Platz. Image tirée des Ailes du désir, Wim Wenders, 1987

En 2009, j’ai plaqué ma vie parisienne pour vivre la bohème berlinoise. Aujourd’hui, contrainte et forcée, je fais le chemin inverse. Reconnaissante envers plus de huit ans d’expérience berlinoise, je suis bien obligée d’admettre que, pour moi, désormais, la vie est ailleurs. Les jobs sous-payés, les loyers qui augmentent vertigineusement et l’aseptisation programmée de la créativité berlinoise me mettent à la porte de l’Allemagne. 

Je vins pour la première fois à Berlin en 2000. Je fus immédiatement emportée par le tourbillon de cette ville « pauvre mais sexy », où je cohabitais dans 100 mètres carrés avec deux homos libres comme l’air qui finirent, d’ailleurs, éleveurs de chèvres à Ibiza. En 2009, à force d’y faire des aller-retours de plus en plus fréquents, je décidai de quitter ma vie parisienne et son refrain bien connu de la « boîte à chaussures – sorties trop chères – milieu parisien con et cloisonné ». Lorsque je posai mes deux énormes valises dans mon appart de Kreuzberg, je ne savais pas que mon histoire d’amour avec Berlin durerait près de neuf ans.

Pendant ces neuf ans, j’ai vendu une pièce de théâtre à l’Institut français et à l’Institut Goethe, j’ai pris des cours plus que bordéliques dans une école de cinéma autogérée, j’ai vendu des parfums, j’ai indiqué la direction du buste de Néfertiti et des chiottes dans les musées nationaux de Berlin.

J’ai écrit, écrit, écrit encore ; aussi bien sur ce blog que dans des centaines de carnets Moleskine ; j’ai pondu des articles sur le management interculturel et l’entretien d’embauche en Autriche et des scénarios sur des filles de quinze ans qui ne veulent pas donner leur virginité aux mecs et des documentaires sur les punks berlinois et des chansons mélancoliques et dansantes et des milliards de notes ivres sur mes nuits échevelées.

Tout le monde fait des bilans, des listes. C’est à la mode de faire un « retour sur ses années d’exil », d’analyser tout, de donner un sens à ce qu’on a vécu, sans quoi l’on aurait le sentiment d’avoir perdu son temps. J’ai tenté, moi aussi, de faire un bilan de ma vie berlinoise… en vain. Je tourne en rond sur une seule idée : Berlin me manquera affreusement.

Pour moi, Berlin sera toujours plus que la nuit, la fête, le fun, la drogue, les loyers pas chers et l’amour libre. La capitale allemande m’a attirée dans ses rets le jour où j’ai vu, à douze ans, Solveig Dommartin se balancer avec ses ailes d’ange équilibriste sur le trapèze des Ailes du désir de Wim Wenders. Depuis, Berlin fut toujours pour moi un vaste terrain vague et mélancolique, dans lequel il est permis de rêver et de n’être qu’un pauvre poète. Peu importe que mon propriétaire véreux, un spéculateur de Hambourg, m’ait harcelée pendant cinq ans pour me mettre dehors afin de vendre mon appartement de Neukölln, devenu très désirable, plus d’un demi-million d’euros. Peu importe que les start-ups se soient installées avec leurs armadas de tables de ping-pong et de cantines chic aseptisées, où la culture du café atteint des sommets de ridicule. Berlin a pour moi toujours cette aura, celle des immeubles vides de la périphérie, des bâtiments désaffectés de l’aéroport de Tempelhof, des stèles austères et menaçantes du mémorial soviétique. Je me promène dans le Berlin de mon amour les yeux fermés, comme dans un livre d’espionnage qui se déroulerait pendant la Guerre Froide, les poings enfoncés dans les poches de mon imperméable, la capuche rabattue sur la tête. J’aime la pluie, la pluie est berlinoise, décor indispensable d’une mélancolie toute européenne.

Pourquoi partir, alors, me direz-vous ? Vous, mes très chers lecteurs, vous qui me lisez depuis tant d’années, vous qui m’avez parfois envoyé des messages d’une gentillesse, d’une drôlerie, d’une tendresse émouvantes… je m’emporte – vous avez bien le droit de me poser cette question et de trouver ma décision incongrue, voire sotte !

Je pars, de manière prosaïque, pour travailler. Je suis freelance dans le cinéma, la télé et le journalisme et je n’ai plus eu un client allemand depuis trois ans. À force de prendre l’avion pour aller bosser à Paris, je connais toutes les équipes d’hôtesses de l’air de chez Easyjet. Au bout de deux ans d’aller-retours permanents, je suis physiquement épuisée, malade et financièrement à bout.

À cela s’ajoute l’âge, 36 ans, des attentes différentes. Aujourd’hui, dimanche, je devine aisément où sont mes copains berlinois : une moitié sont en train d’acheter des glaces artisanales avec leurs mioches, l’autre moitié cuvent leur samedi soir au Berghain ou au fond de leur lit. Et moi, qui n’ai ni enfants ni gueule de bois, je bosse, comme toujours, je bosse sans relâche pour tenter de vivre ma putain de vie d’artiste. Oh, je savais bien qu’elle serait un parcours du combattant, mais j’avais espéré que mon existence berlinoise me la rendrait plus douce. Pendant un temps, ce fut vrai : on vivait bien ici, il y a huit ans, avec 800 euros, un petit job et beaucoup d’heures libres devant soi pour créer. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, où les loyers et le coût de la vie explosent, mais où les salaires stagnent. Et puis, après plusieurs années d’expérience en poche, on a envie de gagner sa vie, c’est con, c’est bourgeois, mais bordel, c’est honnête.

Il me suffira de fermer les yeux pour retrouver le Berlin que j’aime, puisque celui-ci est fait de grands espaces, de silence parfois souligné par le grincement moelleux des roues du S-Bahn… et de souvenirs. Des souvenirs merveilleux, colorés, uniques et le sentiment, véritablement précieux, d’avoir vécu un moment inoubliable de l’Histoire, pendant lequel une ville européenne en pleine expansion créative offrait une solution pour une jeunesse éreintée et vibrante à la fois.

Je m’en vais l’âme chiffonnée, j’emporte avec moi la nostalgie, ce feu sacré qui nourrit la création artistique, pour peu qu’on sache le recueillir.

Merci Berlin, merci à vous, lecteurs.

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manon

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75 réflexions sur “Tchüss, Berlin.

  1. ce que tu dis et en grande partie vrai, mais je reste car il y a toujours ici un truc que je ne trouve nul part ailleurs et que je ne trouve certainement pas à Paris. Bon retour.

  2. Même en tant que lectrice assidue, ton départ procure une forme de mélancolie.. Merci beaucoup pour ton blog, et tout ce que tu as écrit sur Berlin : sans avoir posé une seule fois mon pied dans « la capitale teutone », tu as sans doute, tout comme à moi, offert l’amour de Berlin à d’autres à travers tes mots. Sache que un jour je prendrai ton relai :)

  3. Aie aie aie, je me souviens moi meme de cet épisode de ma vie et tes très belles lignes me percent le coeur à nouveau. Il est vrai sans blessure cette fois, mais je reconnais que ce fut terriblement difficile de quitter Berlin. Die Berliner Stimmung est sans égale et lorsque comme ici ce soir elle se déploie encore une fois, je goûte un moment de mélancolie.
    La nostalgie, camarade.

    1. Oui, la nostalgie, camarade ! Merci pour tes mots Aymeric. J’espère que Paris me donnera ce dont j’ai besoin, sans quoi je partirai pour d’autres horizons. Secrètement, j’espère presque que Paris ne soit pas trop clémente… J’ai l’exil chevillé au corps.

    1. des fautes de Français et de fautes de goûts, mais on avait fini par s’habituer à ce que toute cette masse de travail se réduise à si peu, ça ne nous manquera pas.

      1. Des (mettez la majuscule en début de phrase) fautes de français (le F majuscule étant réservé au nom propre et la langue est un nom commun) et des fautes de goût (le goût étant une chose universelle, commune à tous, indivisible et absolue, il ne prend pas de pluriel dans le contexte de cette phrase).
        Le reste de la phrase est incohérent, veuillez vous rapporter au contexte et préciser votre pensée.
        Note : 2/10 (pour votre effort). Peut faire mieux.

        1. et ça continue dans le mauvais goût…. Allez bon débarras et surtout, n’hésitez pas à nous oublier quand vous serez dans votre studio de banlieue en train de tellement travailler… pour rien.

  4. Je suis étonné d’apprendre ton âge par le biais de cet ultime billet. Je te croyais bien plus jeune que moi et apprends que nous avons quasiment le même âge. Nos expériences sont de fait relativement similaires et les sensations développées au fil des ans logiquement analogues.
    Je te souhaite bon courage pour la suite !
    Et passe de temps en temps sur mon blog. Je le remets certes à jour toutes les 8 semaines mais je le maintiens en vie.

  5. Je viens de faire le chemin inverse j’ai quitté paris le coeur lourd apres klk années pour venir a Berlin rejoindre l’amour de ma vie et j’ai eu ce mm pincement de coeur mais je me dis toujours qu’il y’aura certainement une nouvelle aventure a vivre de l’autre coté bon courage et bon retour a Paris  

  6. Oh ben mince! Sans jamais avoir osé commenter, j’ai lu la plupart de tes articles dans lesquels je me suis souvent retrouvée. Pour ma part, 7 ans de vie berlinoise déjà et le sentiment qu’il faudra bien me résoudre à en partir un jour aussi. Mais pas tout de suite, encore un tout petit peu… Bon vent et merci pour tous tes articles!

  7. Très bel article !!!
    Arrivée en 2009 aussi, mes jours sont aussi comptés à Berlin. Bon courage et bonne continuation dans ta nouvelle vie.

  8. Merci Manon pour tes jolis billets et tes expériences partagées, tu vas me manquer, je suis triste que tu partes, bonne chance et beaucoup de bonheur!

      1. une lectrice assidue? une admiratrice tant que tu y es, non?
        allons allons il faut regarder La réalité en face. Je suis ravie de te voir quitter Berlin Pour éviter enfin ton flot ininterrompue de bêtises sans fin que je me serais fait un plaisir de ne jamais lire si tu ne saturais pas tous les réseaux sociaux au moindre babillage de ta prose dénuée d’humilité et d’intelligence. Allez Forest run et surtout ne reviens pas. Tu n’es pas la bienvenue

        1. Pourquoi autant d’agressivité ?
          Si les articles écrits ne sont pas de votre goût, ne perdez pas votre temps à les lire…
          MERCI Manon pour tes billets d’humeur !

          1. Merci, bien chère Pascale, mes chers trolls (ils sont fort nombreux et étaient là à chaque billet, sans exception, que ce soit sur le blog ou sur Facebook) vont presque me manquer ! J’espère m’en faire beaucoup avec le prochain blog. Car, soyons honnêtes, que serait un blog sans haters ? C’est comme Hawaï sans fleurs, comme un père Noël sans sa barbe : une imposture, une nullité. Le troll, c’est la rançon du succès, je me sentirais minable si je n’en avais pas !

  9. Merci
    Merci pour tout ces articles.
    Merci pour ces vérités Berlinoise.
    Merci de nous avoir fait vibré en racontant cette réalité.
    Merci et bonne continuation ‘nn

  10. Bonjour Manon, je t’ai jamais lu mais bonne chance! J’ai vécu à Berlin moi même en 2009 mais je craint que Paris est devenu très teuer pour vivre. J’ai 36ans comme toi, mais parler d’une petite bourgeoise N est que devenu aujourd’hui une question de vivre en dignité avec des services mediceaux sur place et un peu d’argent pour payer les factures. Ça craint partout en Allemagne voir les retraites ou en France pareil. J’espère que notre Génération finirat par sortir de cette grande crise…Bon retour.

  11. Ciao bella,
    moi c’est l’Irak qui me tient au coeur, et bien sûr Paris, mon amour premier, jamais inégalé, que j’ai dû quitter pour les mêmes raisons pour lesquelles tu quittes Berlin. Paris ce fut le rêve, l’art et l’histoire encore vivante dans ses belles avenues pleines de souvenirs. Des milliers de pages de journaux intimes, de centaines de pages de projets de documentaires dont la plupart perdus au cimetière des projets morts.
    Je rêve d’y revenir, mais Paris est vérolée par la toute puissance de l’argent, comme Berlin, comme ailleurs.
    L’Irak a été ma terre de découverte, des autres et de moi, hantée par sa grandeur mésopotamienne que la réalité n’estompe pas. J’ai commencé à apprendre l’arabe…
    Marseille c’est juste l’endroit que je n’arriverai pas à aimer car elle n’a aucune place dans mon coeur. Pourtant j’y suis, et j’en souffre jour après jour cultivant l’espoir de la quitter pour jamais y revenir. Les villes sont liées aux époques de notre vie, c’est de ma vie d’aujourd’hui que je veux m’éloigner…

  12. Quand on a vécu à Berlin, impossible de ne pas ressentir une certaine mélancolie en lisant cela. Je n’arrive tout simplement plus à comprendre la relation de cette jeunesse avec cette ville. Il y a comme un sentiment qui nous revient à tous en pleine figure d’avoir cru compter pour quelqu’un et de s’apercevoir que l’amour de cette personne n’était qu’une illusion. Que sommes-nous pour cette ville?
    Berlin est comme une diva dépressive qui ne croit plus en l’amour, elle sait ce que c’est d’être délaissée, mise de côté, dénigrée et un jour, elle se réveille, elle redevient sexy et elle voit tous ces « opportunistes » revenir vers elle comme si rien ne s’était passé. Nous sommes tous dans un fantasme, mais celui-ci est différent pour tout le monde et Berlin, ne pouvant répondre à toutes ces attentes, finit par décevoir beaucoup. Les punks pleurent leur Prenzlauer Berg perdu, on idéalise Neukölln et regrette sa gentrification à laquelle nous avons participé, oubliant que nous n’y aurions pas mis un pied dans les années 90, l’ancienne rue où se trouvait la Tuntenhaus et ses squats est devenue une rue hyper chic avec ses immeubles non touchés par les bombardements, perles pour les nouveaux arrivants qui rêvent de Altbau rénové. Nous avons vécu une partie de la courte (d’un point de vue historique) parenthèse de la capitale d’un pays important détruite par les idéologies meurtrières. Cette parenthèse se referme.
    Je reconnais la frustration dans mon message mais cette dernière est causée par plusieurs années dans cette ville où, en dehors d’un sentiment incroyable de liberté qui nous rend amoureux d’elle, son espace incroyable, etc, laisse cette jeunesse de côté en ne leur proposant pas grand chose d’autre que d’aller baiser au Berghain sous extasie, si, par chance, on nous laisse rentrer après 3 heures d’attentes. À nous d’être suffisamment créatifs pour créer un monde où liberté et accomplissement de soi n’aient plus à être en concurrence.
    Ton article est très intéressant, merci pour ces lignes et je te souhaite le meilleur pour l’avenir !

    1. Beau commentaire, Alex, et si juste. Une diva dépressive qui ne croit plus en l’amour ! C’est exactement ça. Une matrone aussi, qui ne comprend pas toujours ce qu’il lui arrive…

  13. Je n ai vécu que deux mois à Berlin (en 2001), je n’y suis retourné que 7 fois le temps d un weekend ou un peu plus et j ai ressenti les mêmes sensations a chaque fois que j ai quitté cette ville ! J y ai demandé la main de mon épouse ( au altes muséum devant la statue d Hera) et l aval de son père ( au prater garten devant … Une bière ) . J y ai enterré des vies de jeunes hommes et arpente les rues. Cette ville sera à jamais mon 2ème chez moi. Et grâce à tes adresses j ai pu montrer quelques lieux insolites aux personnes qui me sont chéres! Avant chacune de mes visites j ai consulté ton blog! Merci et bon vent a toi ! Ps: en 4 tentatives j ai jamais pu rentrer au Berghain…

    1. Cher Nico,

      Tu sembles avoir une très belle histoire avec Berlin… je suis ravie d’avoir pu t’être utile par le biais de mon blog.
      Quant au Berghain ! J’ai tellement de choses à dire dessus que cela mérite un billet complet. Je suis écoeurée par leur méthode d’écrémage ridicule. Ce n’est pas l’esprit berlinois que nous aimions. Félicite-toi de n’y être pas entré, on s’en fout complètement, ce qui compte c’est que tu aies aimé Berlin et que tu y aies vécu des choses magique !

      Manon

  14. Chère Manon,
    Jusqu’à cet article touchant je ne t’avais jamais lu… Ton texte m’a bouleversé. Presque trois ans que j’ai quitté cette ville magnétique après 7 années vécues comme un rêve. Et malgré avoir rejoins ma Camargue natale, les berges de Wansee, les traversées de la ville dans les couloirs à vélo, le marché turc, les haltes au Biergarten et les vins chauds sur les trottoirs en hiver… Tout me manque et bien plus encore! Bon vent à toi et je vais de ce pas lire tes précédents articles.

  15. Trop drôle les gens qui prennent le temps de t’insulter tranquillou. Tu es vraiment devenue une star Manon, pas d’autre explication ;) Ravi en tous cas de te voir revenir par chez nous. J’attends de lire le récit berlinois de ta vie parisienne…À très vite et bravo pour ce joli texte.

    1. Merci Ziad, mon blog est rocket-proof, j’ai appris à dodger les fusées en 5 ou 6 ans (je ne compte plus le nombre de trolls trouvés sur ma route) et il le faut bien car le prochain blog, si je m’y colle enfin, ne va pas y aller par quatre chemins… A très vite !

  16. Alors moi un peu la même, sauf que je venais de la scène techno française, 15 ans dans les pattes lorsque je suis arrivé en 2008, et je ne me suis pas fait prendre à la vague berlinoise. J’ai appris à conserver une distance. Déjà en France, puis en Asie (un an à Tokyo en 2007), puis à Berlin, où j’habite aussi depuis 10 ans, et où je subis les mêmes travers et paradoxes que toi * .

    Je sais néanmoins que la société parisienne, celle qui m’a fait tant souffrir et m’a convaincu que l’exil était la seul solution, ne me retrouvera pas plus curieux d’elle une décennie plus tard.

    * (disons que Berlin aurait dû rester radical, et fermé aux investisseurs. On aurait trouvé d’autres choses à redire à cette situation de dérive sans fin). L’avantage d’une ville libre entraîne aussi son désavantage : le travail. D’un autre côté, une ville hyper active et économiquement stable, charrie son lot de pop consensuelle, de conservatismes bourgeois, d’empêchements artistiques. Le plaisir consommé d’un lieu dévasté, aurait dû rester quelque chose de confidentiel. « Visibility is a trapp ». « No one is innocent ». sont les fins mots de l’histoire.

    1. Hum, je ne pense pas m’être vraiment fait prendre à une vague techno berlinoise car je n’ai jamais aimé la techno (sauf quelques exceptions) – mais oui Berlin aurait du rester radicale… cela aurait été possible d’une certaine manière sans l’attitude honteuse de Klaus Wowereit, mais dans une économie globalement capitaliste, comment justifier l’existence d’une ville qui ne produit rien que de l’être et de l’art ? Berlin a du rendre des comptes et voilà où nous en sommes. L’esprit libertaire souffle toujours cependant.

  17. Ça va, ça vient Manon… Quand j’avais 18 ans, je rêvais de Berlin. Ça c’est pas fait, bad timing. Aujourd’hui de l’autre côté de l’atlantique .. 36 comme toi. Découvert les ailes du désir la semaine passée. Duolingo 24% german completed. Arrivée prévue à Berlin dans quinze jours… Tic tac….
    Queue de commette pour toi, Météorite pour moi.
    Et inversement.
    S’il existe vraiment, seul le présent est. Alors je te souhaite un très bon temps où que tu sois. Ici, là. ou avec des chèvres à Ibiza.
    Merci pour ton blog que je viens de découvrir !! Très cool !! Take good care xx

    1. Ah, tu vas vivre un grand bonheur ! C’est vraiment magique de découvrir Berlin… tant de films à voir encore sur Berlin, si tu ne les as pas vu : « Berlin is in Germany » et « Berlin Calling » d’Hannes Stöhr, le documentaire « B-Movie » (http://www.b-movie-der-film.de/), « Victoria » de Sebastian Schipper…

  18. Chère Manon, on ne s’est jamais rencontrées tandis que nous nous démenons dans des milieux parallèles..theatre/cinema..Ce sera sur cet adieu (ou plutôt cet au revoir), que je te féliciterai pour tes articles et tes mots toujours pleins de douce « saudade » qui inévitablement parlent un peu ou beaucoup, c’est selon, à chaque expat. Je te souhaites bien du plaisir, des surprises et du succès dans tes nouveaux projets…Paris aura besoin de toi c’est certain!

    1. Merci Sandrine pour ce très gentil message. Cela me touche et j’espère bien apporter quelque-chose à Paris, ne serait-ce qu’un regard différent venu de Berlin !

  19. Bonne chance pour votre retour en France…
    Arrivé à Berlin la même année que vous, dans des conditions et pour des raisons très différentes, je vous ai lues souvent, commenté un peu et si c’etait toujours intéressant à lire, je n’ai jamais connu ou reconnu le Berlin dont vous parlez…
    et puis non rien, pas grave…
    Bonne continuation…

  20. Hi Manon, here are your neighbors from downstairs (a&he, so sorry to hear you were leaving! I really enjoyed your blog and wish you all the best in Paris, maybe it’s not such a definite divorce with Berlin… anyway big hug and see you around!

  21. Liebe Manon,
    nie hat wohl eine Stadt einen leidenschaftlicheren Abschiedsbrief erhalten als den von Ihnen verfassten.
    Ihr Entschluss kommt nicht von ungefähr, das spürt man. Aber deshalb ist er nicht umso weniger zu bedauern, denn « génération Berlin » war bei weitem der anspruchsvollste, immer brilliant formulierte und inhaltlich engagierteste Blog in französischer Sprache, den ich kenne. Es ist deshalb sehr schade, dass er mit « tschüss » zu Ende geht.
    Für Ihren weiteren Lebensweg wünsche ich Ihnen viel Erfolg und weiterhin die unglaubliche Energie, die Sie auszeichnet.
    Möge Paris es Ihnen nicht zu schwer machen.
    Herzliche Grüße von einem Ihrer (bestimmt zahlreichen) deutschen
    Verehrer
    R. Baumann

  22. Je suis très touchée par cet article, comme quasiment toujours depuis que je connais ce blog. Après plusieurs années à te lire, j’ai enfin découvert Berlin en mai de cette année, j’y ai entendu un écho et une certaine familiarité et je sais que c’est grâce à toi. J’y ai rendu visite à une personne chère qui y est très heureuse et voir ce bonheur m’a touché autant que de lire celui qui a été le tien pendant si longtemps (et qui j’espère le sera toujours quand tu y repasseras, le voyage a cette magie). C’est dur de partir, surtout quand on sent qu’une ville qu’on a choisi, comme une personne, pourrait bien finalement ne pas ou ne plus nous choisir en retour, je sais ce que c’est. J’espère que Paris te donnera du bonheur, il sera différent mais il en vaudra sûrement la peine, ça n’est pas bourgeois au contraire mais plutôt très courageux de vouloir poursuivre ta carrière de rêve et de tout mettre en oeuvre pour cela en espérant arrêter enfin de crever la dalle. Je suis contente de savoir que tu ne vas pas arrêter à écrire pour autant et j’ai vraiment hâte de suivre tes aventures parisiennes (et les angelinas aussi ou finalement pas?)

    Bonne continuation et merci de m’avoir fait aimer cette ville!

    1. Bonjour Maina,

      Quel merveilleux commentaire, si encourageant et sympathique, merci. C’est exactement ce dont j’ai besoin en ce moment !
      Ravie que tu aies aimé Berlin, reviens-y, j’y retournerai moi aussi, impossible de s’en passer maintenant…
      J’ouvre bientôt un nouveau blog. A suivre !

      Manon

  23. Bien deux ans que je n’étais plus passé sur ce blog. Quelle suprise et quelle décéption de voir que ce blog que j’ai suivi assiduement tire sa révérence.

    J’aimais bien lire ces récits d’un Berlin qui m’est en grande partie inconnu, alors que j’y ai posé mes bagages il y a sept ans. C’est sûrement la magie de Berlin, chacun y a une expérience différente, chacun une relation particulière. Néanmoins nous avons en commun d’observer une évolution semblable: une certaine uniformisation, standardisation des modes de vie et tout cela en si peu de temps.

    Bref, je suis un peu décu de voir qu’à l’avenir, je ne pourrai plus lire les récits de ton Berlin à toi, mais je comprends la décision de quitter la ville et ne peux que te souhaiter:

    für die Zukunft alles Gute und viel Erfolg!

    1. Oh, Maina, quelle magnifique déclaration d’amitié ! Je suis extrêmement touchée. Et si heureuse que mon blog t’ait été si cher. Merci du fond du coeur, Maina.

  24. Salut Manon, merci pour tes articles, j’adore ton écriture et tes pensées.
    Tu quittes Berlin mais continueras tu d’écrire des articles ?
    Merci pour ta réponse,
    Bon retour à Paris (Berlin n’est pas loin)

    1. Bonjour Victoria,

      Merci pour ce gentil commentaire ! Je suis déjà partie depuis un moment et je n’écrirai probablement plus sur ce blog, mais j’ai des projets qui y sont liés.

      Manon

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