Les ors barock n’roll de Dresde

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Le premier guide de voyage écrit par votre servante est aussi le premier guide en français sur la ville de Dresde.

Dresde n’est qu’à deux heures de train de Berlin et offre mille possibilités de balades, de découvertes culturelles et de soirées agitées du bocal. Etonnamment, c’est aussi une ville où l’on mange bien – très bien. La capitale de la Saxe, bijou du XVIIIe siècle, est un trésor baroque et une escapade fabuleuse le temps d’un week-end en amoureux ou d’une semaine en famille… à moins que vous ne préféreriez être seul au bord de l’Elbe, ruminant vos tourments littéraires comme les Romantiques qui adoraient y séjourner. Et il se trouve que je viens de pondre le premier guide de Dresde en français au monde, amis lecteurs, donc : profitez bien de ces adresses exclusives et pour le reste, rendez-vous entre les pages du guide Petit Futé de Dresde !

C’était la première fois, chers lecteurs, que j’écrivais un guide de voyage. L’expérience fut magique et le résultat est aujourd’hui entre mes mains. En le feuilletant, mille souvenirs m’ont assaillie (j’ai fait mes repérages en novembre). La silhouette baroque de la capitale saxonne me revient en mémoire, belle comme un mirage dans le désert, miroitant, reflet surréel, dans les eaux larges de l’Elbe. Dresde… cité profondément romantique, où j’ai vécu seule pendant deux semaines, traînant ma valise d’hôtel de luxe en pension familiale, usant mes semelles sur les pavés de la Theaterplatz et les parquets cirés de ses merveilleux musées, qui font la réputation culturelle exceptionnelle de cette ville d’Allemagne de l’Est.

D’un côté du fleuve, l’Altstadt, la vieille ville historique, fut presqu’intégralement détruite en 1945 par les bombardements alliés. On s’étonne encore de la perversité de ces explosifs anglais et américains lancés sur des Rubens et des Botticcelli, ainsi que sur 25 000 civils qui périrent en deux nuits seulement. Pierre par pierre, les habitants de Dresde ont reconstruit le coeur de leur ville, avec une détermination et une habileté qui laisse pantois. A moins de s’approcher de très près d’une statue des jardins du Zwinger, le palais royal, il est bien difficile de reconnaître l’original de sa reproduction d’après-guerre. L’Altstadt regorge de trésors artistiques, du musée de la Voûte Verte avec sa collection de joyaux amassés par les princes électeurs de la Saxe à la Gemäldegalerie Alte Meister, où logent les fameux chérubins à ailes de papillon que Raphaël peint aux pieds de sa Madone Sixtine.

De l’autre côté du fleuve se déploie la Neustadt, que l’on peut diviser en deux quartiers. L’Innere Neustadt (la Neustadt intérieure) est un quartier baroque au charme bourgeois. Ses ravissantes façades de couleur claire et ses rues pavées ont un charme fou… que les enseignes de luxe et les restaurants chics ont su repérer. L’Äussere Neustadt (la Neustadt extérieure), ancien quartier ouvrier dont le développement date de l’industrialisation de la région, au milieu du XIXe siècle, est le coeur de la vie artistique, alternative et bohème de Dresde. Si l’Altstadt se visite pour ses musées et ses églises, c’est donc dans la Neustadt que l’on sort le soir et que l’on fait les boutiques. Brocantes, ateliers d’artisans, shopping vintage et disques rares côtoient les clubs de jazz, les bars enfumés et les Dönerbudde qui servent des falafels jusqu’à 5 h du matin. Ancien quartier général des punks après la Chute du Mur, la Neustadt reste rock n’roll, même si les puristes vont diront sans doute, avec raison, que le quartier s’est embourgeoisé dans les années 2000.

Ville préférée des Romantiques, de Schumann à Schopenhauer, Dresde offre ses cieux tourmentés à qui veut venir y rêver. Mais elle est aussi le point de départ de merveilleuses balades dans la prodigieuse Suisse saxonne, dont les paysages de roches et de forêts troubles ont inspiré la peinture de Caspar David Friedrich. On peut aussi y séjourner comme un bon vivant, en se régalant de la lourde mais exquise cuisine saxonne faite d’oies rôties et de Stollen – ce délicieux gâteau de Noël – en descendant des pintes de bière locale ou des verres de Goldenriesling, un cépage qui ne pousse que sur les collines des bords de l’Elbe. Les quelques adresses glissées ci-dessous vous garantissent Toutatis en culotte de velours.

 

MON CARNET D’ADRESSES DRESDOIS (adresses, infos et horaires : cliquer sur le lien)

 

Voir

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  • Grünes Gewölbe : la Voûte Verte, trésor des princes électeurs de Saxe, brille des mille feux de ses diamants, perles, émeraudes et ambres. Attention, la collection est divisée en deux parties : l’Historisches Grünes Gewölbe, pour laquelle il vous faut un billet avec horaire précis, et la Neues Grünes Gewölbe.
  • Jardins du Zwinger : promenez-vous dans la cour du palais et rendez visite aux demoiselles du Bain des Nymphes (Nymphenbad).
  • Semperoper : le somptueux opéra de la Theaterplatz vous rappellera sans doute un peu les ors du Palais Garnier à Paris. Y voir un opéra ou un ballet est une expérience inoubliable, la qualité des productions égale celle de bien des métropoles européennes ou américaines.
  • Frauenkirche : symbole de Dresde, cette église baroque qui surplombe la somptueuse place du Neumarkt fut entièrement reconstruite en 2004.
  • Kunsthof (en photo) : dans la Neustadt, ces petites cours d’immeuble historiques ont été redécorées avec une créativité débridée par des artistes du monde entier. Elles abritent de charmantes boutiques et des restos très agréables.

 

Manger

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  • Altmarktkeller : niché dans une cave voûtée de la vieille ville, ce resto typiquement saxon propose des plats de viandes énormes, servis par d’accortes demoiselles sanglées dans leur costume traditionnel de Dirndl. Kitsch, mais authentique.
  • Ogura (en photo) : véritable restaurant japonais caché dans l’hôtel Hilton. Sushi à tomber par terre.
  • Raskolnikoff : branché, sans prétention, créatif et moderne, ce resto revisite avec talent la cuisine régionale de la Saxe.
  • Falscher Hase : charmant restaurant/café vegan qui s’inspire de la cuisine de grand-mère.

 

Sortir

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  • Blue Note Dresden (en photo) : minuscule club de jazz où l’on squatte le comptoir en buvant d’excellents cocktails et en fumant clope sur clope. Clientèle bourrue et rudement sympa.
  • Sabotage : le Berghain local, à l’échelle dresdoise.
  • Karl May Bar : cocktails chics (et chers) sur-mesure dans un décor mi far-west, mi piano-bar.

 

Dormir

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  • Lollis Homestay : déco délirante pour cette auberge de jeunesse en plein coeur de la Neustadt branchée.
  • Pension Raskolnikoff : merveilleuse pension pleine de charme et pas chère. Sa façade déglinguée rappelle les riches de heures de la Neustadt punk.
  • Taschenbergpalais (en photo) : cassez votre PEL et offrez à votre âme soeur une nuit de rêve, dans un hôtel qui n’a rien à envier au Grand Budapest Hotel de Wes Anderson.
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3 réflexions sur “Les ors barock n’roll de Dresde

  1. Pour moi ; il y a 2 petits points négatifs à Dresde : la Pragerstrasse qui fait tres moderne et l’interrieur de la Frauenkirche : les murs manquent de patine et ils semblent donc vraiment récent ce qui est troublant pour une église baroque.
    25 000 morts c’est l’évaluation basse et le Gauleiter qui administrait dresde était persuadé que sa ville ne serait jamais attaquée donc il n’y avait aucun système de deffense et biensur pas de Flakturm. Le responsable de la destruction de tant de ville allemande est l’anglais Harris : <>. J’ai lu cette phrase ( citation ) à Hamburg.
    Je ne savais pas qu’on portait des Drindl à Dresden
    J’ai beaucoup aimé le restaurant Freiberger Schankhaus

  2. Ton billet me donne envie d’y retourner, car m’a dernière expérience était assez terrible et trop coûteuse. C’était pour du boulot, il y a 5 ans, le quartier très Walt Disney, autour de la Frauenkirche en plastique, m’avait bien déçu, tellement il était stérile, et le soir, on n’y avait pas trouvé un seul bon resto, tout était trop cher.

    C’était l’ennuie dans la grisaille, cela a changé tant mieux.

    1. Oui, il vaut mieux aller à Dresde au printemps ou en été et surtout, passer le pont pour quitter l’Altstadt après avoir vu les musées – la vie se trouve de l’autre côté !

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