La noire et la blanche : les lecteurs témoignent sur la coke

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Y en a marre de la blanche. On veut la fête en couleurs. (Crédit photo www.holi-openair.de)

Mon dernier article, une lettre ouverte à mes amis cocaïnomanes à Berlin, a connu un succès phénoménal grâce au magazine Konbini – ce qui prouve bien qu’il est temps de parler de ce problème majeur. La coke, la prétendue « drogue de la fête », cette poudre qui s’est presque autant banalisée que la marijuana, s’est infiltrée dans les vies de toute une jeunesse européenne. Elle pourrit nos amours, nos amitiés, nos passions, notre travail. Cet article regroupe les témoignages bouleversants et révoltés des lecteurs qui ont eu le courage de me raconter leur expérience avec cette drogue. Tous les noms ont été modifiés pour préserver leur anonymat. 

Julien

Je suis un consommateur régulier le week-end, et il m’arrive de m’en vouloir énormément après avoir passé une soirée entière à se poudrer le nez. Solitude, petit-boost sans conséquences, habitude de sniffer, plaisir de la ligne, les raisons qui me poussent à reconsommer sont multiples. Avant hier soir, j’avais évité ça pendant deux semaines, j’ai honte d’être fier de moi d’une durée d’abstinence si ridiculement courte. J’ai lu le blog de Juliette, plutôt édifiant ses récits. Je dois avouer que de vous lire ça m’a complètement déprimé au début, car c’est jamais drôle de faire face à ses propres faiblesses. Mais je pense que ça ne peut que faire du bien sur le long terme, et qu’il n’y a rien de pire que l’ignorance de soi.

Leïla

Il y a deux-trois ans j’ai totalement arrêté de prendre des drogues, car je sentais que je commençais à perdre pied. Dernièrement j’ai ressenti une amélioration, je retrouve ma fraîcheur d’antan, celle de quand j’étais vraiment impatiente d’aller voir jouer un artiste en club avec quelques verres dans le nez et des potes de bonne humeur. Marre des yeux vitreux, des bégaiements des gens qui ont perdu des bouts de cerveau à force d’afters forcenés et de l’abrutissement général de personnes qui refusent de se confronter à leurs affects. Oui la vie c’est dur, mais n’oublions pas que nous sommes des privilégiés en Europe et que nous avons de la chance de vivre dans des villes comme Paris ou Berlin où la vie culturelle est intense et ne nécessite pas que l’on se défonce en permanence.

Aurélie

Moi, qui, un soir de tourmente, et pour faire comme tous ces autres qui me rendaient folle, pris une dose trop forte à un inconnu dans les toilettes d’un bar de Hambourg, à l’insu de mes amis, et me retrouvais proche de l’overdose, accrochée à une rambarde du port, les yeux fermés pour ne plus voir les grues du port se démultiplier, surgir devant moi comme des créatures immenses et malfaisantes, à un rythme vertigineux qui les faisaient se décupler et toujours grandir, tandis que le sol sous mes pieds se dérobait, que les sons devenaient métal, explosion, hurlements aigus, cris à la mort, la mâchoire si serrée qu’il fut impossible à mes amis paniqués de me faire vomir, malgré mes supplications susurrées à toute vitesse, presque incompréhensibles tant ma mâchoire grinçait, tant je ne pouvais la délasser pour articuler, malgré ces mots déformés qui me parvenaient, de très près de très loin de très près d’où enfin? Tour à tour inaudibles puis hurlés à mon oreille, mes propres mots en vérité : « C’est beaucoup trop fort… Beaucoup trop fort… »

– Aurélie tu as pris quoi ?

– Je sais pas…  »

Rien de grave, donc. The occasional goodie. On gère.

Justine

Je suis cette fille promue à un avenir brillant, entourée, socialement « in ». Mais je suis aussi cette étudiante, qui couve au fond de son lit, sa redescente… je suis celle qui complètement défoncée a couché avec n’importe qui, n’importe où et n’importe comment. Je suis devenue le portrait type de ces gens qui se croient « in » car la coke c’est « cool ! «  Je suis désormais celle qui a honte quand en soirée on lui balance « elle est où la reine des soirées qu’on a connue ?  » Qui lâchait 500 balles en boîte, « allez sinon t’as pas un trait ? » Samedi soir, une amie :  » On t’aime, on veut redécouvrir celle que tu as toujours été. Et non cette conne arrogante que tu deviens après 4 verres et 1 g.  »

Valentin

Coup de foudre. On a commencé à sortir ensemble. Tout se passait bien. On est allé à un festival ensemble.  Ça faisait un mois qu’on était en couple. Et là, pour « tenir » tout la nuit, elle a pris de la coke. Le premier soir, puis le second. Moi je n’avais besoin ni d’alcool ni de drogue, mais autour de moi, pour tout le monde, ça semblait presque fondamental. Ça ne faisait pas longtemps qu’on était ensemble, alors pourquoi allais-je la réprimander, jouer le moralisateur ? Je l’ai laissée faire. Mais dès l’instant où elle a tapé, je ne l’ai plus reconnue. Son regard était froid. Elle était distante. J’ai décidé, le second soir, de rentrer me coucher.

Le lendemain matin, on s’est retrouvé, je venais de me réveiller quand elle rentrait de la fête, en descente. Evidemment, ça s’est mal passé, parce que j’étais pas bien, je le vivais mal. Et je lui ai dit pourquoi. Et je suis passé pour le rabat-joie, qui « gâche tout ». On n’en a pas reparlé. Mais je savais que lors de ses soirées, avec ses copines, elle remettait ça, « pour tenir », toujours. C’était selon elle, une consommation récréative, festive, rien de grave. Je n’étais pas là pour les fêtes. En revanche, il fallait que je sois là pour l’aider dans sa descente. J’étais profondément amoureux, donc je tolérais.

Audrey

Je voulais te dire que la coke fait un ravage autour de moi aussi…  Au Québec (à Montréal plus précisément), les gens en font beaucoup trop et souvent c’est simplement pour être « trop top » et respecté…  Pourtant, c’est tellement chiant quelqu’un sur la coke, ça se croit le meilleur et ça s’écoute parler… Je dis pas qu’il faut jamais essayer la drogue, faut faire ses expérience quand même, mais la cocaïne n’en vaut pas la peine d’après moi…

Emilie

Je suis une « fille de la nuit » comme tu dis, attirée par les grandes villes de la fête (j’ai vécu à Montréal, Amsterdam et aujourd’hui Berlin). Je suis rentrée dans ce cercle vicieux, jusqu’au point d’héberger mon dealer de coke plusieurs semaines, de vendre mes appareils photo, ce qui était pourtant ma passion (…) J’ai fait des choses totalement à l’opposé de mes valeurs, de ce que je crois.

La drogue à Berlin, c’est clairement la pire qualité que j’ai pu tester. C’est la pire merde du monde, des lendemains à grelotter et à saigner des dents, des maux de têtes qui durent deux jours, et toutes les doses coupées à moitié au speed, donc pas du tout high, mais carrément stressé et paranoïaque pendant la montée.

Mais ce qu’il y a de pas plus mal là-dedans, c’est que ça m’a carrément dégoûtée de la drogue, et aujourd’hui je prends plus rien. J’en ai rien à foutre de passer pour la catho, d’être coincée ou de manquer des afters, j’ai raté trop de belles aprèms ensoleillées au Mauerpark ou à Tempelhof enfermée seule dans ma chambre. Ça vaut pas le coup, la vie est trop belle pour ça.

Je soulève maintenant une autre question : pourquoi ? Pourquoi les jeunes se défoncent tant ? Moi je pense que la jeunesse européenne aujourd’hui est malheureuse. L’Europe est malheureuse. La drogue, les suicides, les anti-dépresseurs, on est les meilleurs sur la planète dans le genre. En se droguant, les jeunes cherchent à s’enfuir, à oublier une réalité, qui leur fait clairement peur. La santé psychique de l’Europe est selon moi, mal en point. Si on ne nous donne pas plus d’espoir en l’avenir, c’est encore bien plus bas qu’on pourra tomber.

Réalise tes rêves, va prendre le soleil, voyage, mais oublie tout ce qui t’a amené à te retrouver devant cette poudre, qui au lieu d’être blanche, devrait être noire.

Thomas

Dix-sept ans, déjà le bordel dans ma tête, et ce n’est que le début de cette génération de drogués. Tu verras dans dix ans des gamins de onze ans taper des rails. J’espère que cette génération déglinguée de plus en plus jeune compte se réveiller, mais de ma part c’est impossible que je puisse donner une leçon.

Caroline 

Berlin est devenue lentement, mais sûrement pour moi la capitale de la fuite, le QG des esprits parfois perdus et qui cherchent dans la fête et la consommation excessive de drogue une réponse à un vide existentiel. Ce qui est décourageant, c ‘est de constater que l’effet de masse entretient la bonne conscience collective : « Nous faisons, donc nous sommes »  pourrait-on dire. La cocaïne, la MD et le reste font ressurgir chez les plus sombres aspects de la personnalité. C’est un cache misère. J’ai appris à détester cette poudre. C’est une rivale insidieuse. Alors voilà, en ce lundi matin, merci beaucoup car au milieu des nuits berlinoises, je me sens désormais moins seule.

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35 réflexions sur “La noire et la blanche : les lecteurs témoignent sur la coke

    1. Alors tu vis dans une bulle, comme la plupart des consommateurs réguliers. Ou serais-tu serieusement entrain de défendre la coke et tout ce qui va avec?

    2. Cette réalité arrivera à te ratrapper tôt ou tard car aucune histoire ne finit bien avec la coke : les producteurs finissent morts ou en prison; les consommateurs, eux, terminent en psychiatrie, une aiguille dans le bras (car elle ne suffit plus), ou morts. On ne « dope » pas les mécanismes du cerveau et son système du plaisir impunément. Nul ne peut gérer la drogue. Elle finit par te gérer. La seule manière de vivre et d’aimer vivre, c’est sans ! Il n’est pas interdit d’en faire l’expérience (à la Aldous Huxley), mais le simple fait de la laisser entrer dans la moindre « habitude » ouvre les portes de l’enfer .

  1. J’ai trouvé tes derniers articles sur le sujet intéressants, mais je trouve quand même dommage de stigmatiser cette ville à ce point… Ce qui me dérange un peu, c’est qu’avec tous ces articles qui ne parlent que du combo soirées + drogues, j’ai presque l’impression qu’il n’y a rien d’autre.
    C’est probablement dit avec toute la naïveté de quelqu’un qui n’a jamais consommé, mais franchement, même en ayant vécu à Berlin je ne suis pas sentie « obligée » d’en prendre, loin de là. Et la grande majorité de mes amis berlinois non plus. En vous lisant, je me demande presque comment j’ai réussit ce petit miracle tout en profitant de la vie nocturne.
    Au final, ceux qui consomment à Berlin en auraient pris ailleurs aussi, non ?

    1. Bonjour Romane,

      Mon blog s’appelle « Génération Berlin » parce qu’il parle de… Berlin. C’est le sujet! : )
      Il ne s’agit nullement de stigmatiser la ville. C’est drôle car ton commentaire fait un écho inverse à celui d’un lecteur qui m’avait accusée de ne pas mentionner la drogue lorsque je racontais mon expérience au Berghain. C’est en partie ce qui avait déclenché la rédaction de l’article sur la cocaïne. Je suis absolument d’accord avec toi, on n’a pas besoin de drogue pour faire la fête. Mais il me semblait qu’il était temps d’évoquer le problème.

      La consommation de coke à Paris prend des allures différentes. Autre ville, autre culture, autres moeurs. Je ne fais pas les états généraux de la coke dans le monde, je ne pourrais pas. Je ne suis pas spécialiste en toxicomanie – je raconte seulement les expériences directes que je fais avec cette ville.

  2. Je ne fréquente pas que des salons de thés proprets, mais j’avoue, je n’ai jamais vu personne en prendre, que ce soit à Berlin, à Hambourg, à Paris ou à Lyon, ou même dans la campagne profonde. Alors je suis un peu surprise, peinée. C’est triste que ce fléau touche autant la jeunesse. Et c’est important d’en parler.
    Cela dit, après avoir lu tous ces témoignages, je ne comprends toujours pas la motivation, le déclic. On peut faire la fête toute la nuit sans ca :-/

    1. Juste, que mes paroles ne soient pas mal interprétées: je ne voulais pas dire que je n’ai jamais vu personne sous l’effet de cette drogue (ca on ne sait jamais, même au bureau, y a des gens, on se demande…), mais plutôt que je n’ai jamais pris personne en flag. D’où mon étonnement face à cette « banalisation »…

      1. Oui. Si tu n’y a jamais touché toi-même, tu ne vois pas forcément tout ce qui trahit les consommateurs. Les consommateurs se dissimulent très bien aux yeux de ceux qui n’en prennent pas. En revanche il suffit de taper une ligne une fois pour qu’un monde t’ouvre ses portes… pas vraiment le meilleur des mondes, comme tu le vois.

  3. Étrange et drôle à la fois, on ne semble réaliser que maintenant la centralité de la came dans l’histoire culturelle de cette ville – ça fait quand même des décennies que ça dure, non? Le capitalisme marchand ayant horreur du vide, l’offre suit inévitablement la demande, et qui dit scène underground/alternative/radicale, dit drogue. En tout cas les deux me semblent historiquement liés l’une à l’autre de façon inextricable.

    Mais la configuration actuelle est aussi inédite que pernicieuse: d’un côté des médias (majoritairement étrangers) qui par fainéantise exploitent à fond le filon Berlin / ses clubs ‘légendaires’ / ses excès hédonistes – à tel point que la ville a fini par se réduire à ça. C’est hallucinant le nombre d’articles consacrés en une semaine au ‘club techno le plus mystérieux du monde’, ressassant toujours les mêmes lieux communs… Et de l’autre le Sénat qui n’a de cesse de promouvoir cette image de capitale du cool international en plein boom de l’industrie touristique – le seul secteur porteur qui nous reste, il est vrai – et quiconque vit ici depuis un certain temps sait les tensions et conflits que cette politique municipale continue de causer. Il n’est dès lors pas étonnant que toute une industrie parallèle vienne graviter autour d’une telle machinerie, avec la promesse d’un week-end inoubliable dans la capitale la plus cutting edge du monde – et quel kid résisterait à ça?

    Il s’agirait aussi de se questionner sur les politiques publiques en matière de prévention – ce qui est fait pour informer et responsabiliser les usagers, ne pas simplement leur dire que la drogue, c’est nul (ils n’écouteront pas, tant la promotion des plaisirs promis est intensive et opère sans relâche), mais faire en sorte qu’ils restent safe, ne fassent pas n’importe quoi et bénéficient de soutien (sur les lieux de consommation même) en cas de mauvais trip. Et c’est sans doute ça l’aspect le plus sinistre de l’affaire, tant j’ai l’impression que tout le monde s’en lave les mains: tant que ça fait tourner la machine du Spectacle et que l’image marketing de la ville continue d’attirer le business, on laisse les gens prendre des risques considérables.

    Enfin tout ça pour dire que la C. (et d’ailleurs pourquoi seulement elle dans la gamme infinie disponible ici?) is here to stay, qu’elle n’est qu’une partie infime d’un édifice sciemment construit et si considérable dans ses ramifications qu’il faudra bien plus qu’une campagne d’indignation héroïque pour le mettre à bas.

    1. « Il s’agirait aussi de se questionner sur les politiques publiques en matière de prévention – ce qui est fait pour informer et responsabiliser les usagers, ne pas simplement leur dire que la drogue, c’est nul »
      => Je suis d’accord, ça ne sert à rien du tout de dire « la drogue c’est dangereux, c’est nul etc », car le jour où le jeune découvre que des gens prennent de la drogue et n’en meurent pas et ne perdent pas leurs dents, ils deviennent complètement aveugles à la réalité et ne se disent qu’une chose « mais c’est des conneries ce que j’ai entendu ».
      J’ai eu la chance d’avoir été entouré de gens qui me disaient « la drogue c’est vraiment super, faut essayer » mais qui me disaient en même temps de quelle manière elle cessait d’être géniale et cool (aidant ainsi à reconnaître les premiers signes de désenchantement au lieu d’y rester aveugle), dans quelles conditions c’était intéressant d’en prendre, avec quelles personnes, dans quelles conditions éviter (toutes les situations qui tendent à devenir trop régulières notamment). Je me trouve nettement mieux armé face à la drogue qu’un jeune à qui on rabâché pendant des années que « la drogue, c’est la descente aux enfers assurée », surtout que le jeune en question peut alors être pris de fatalisme s’il y goûte et se dit que ça y est il a « plongé » et tant qu’à faire autant plonger carrément.

    2. Je suis tout à fait d’accord avec toi en ce qui concerne les politiques publiques.
      Il me semble qu’il y a là une sorte de marge de manoeuvre que s’offre l’Etat au dépens d’une jeunesse complètement désorientée et malheureuse. Je suis également pour la prévention et l’accompagnement dans la prise de drogues. Il serait absolument idiot de prôner une prohibition sur des produits de toute façon illégaux, on serait dans le paradoxe. Mais la circulation intense de la coke (une coke hyper coupée et dégueulasse, de plus) fait pour moi partie d’un problème de santé publique.

      Evidemment on ne découvre pas aujourd’hui que la coke est un élément de la vie nocturne des grandes métropoles, mais ce qui m’inquiète, c’est sa généralisation, sans que personne n’en parle publiquement.

  4. Ce recueil de témoignages de jeunes qui se prennent un peu au sérieux est nettement moins intéressant que l’article précédent (berlinpinpin), qui avait le mérite d’exprimer un vrai point de vue. Mais sinon c’est un peu bizarre de venir dans une ville parce qu’elle est « underground » (c’est quand même le cas de la plupart des gens non?) au point d’écrire un blog « en direct de l’underground », et désirer qu’elle soit propre, qu’elle sente bon et que tout le monde soit clean… (si c’est être clean que de se défoncer à l’alcool, la première des drogues dures, désolé si je manque d’originalité). Je sais ce que ça donne quand on veut « nettoyer » la nuit dans une ville: une nuit à plusieurs vitesses, où les plus riches s’éclatent et se défoncent à tout va, et ne s’en portent pas plus mal, les bobos viennent claquer des thunes pour se faire mousser et les autres font la queue mais restent à la porte et éventuellement se défoncent avec de la merde achetée en cité parce que c’est le dernier endroit où en trouve de la pas trop chère. Je viens de Paris, et je n’ai vraiment pas envie que Berlin devienne une ville où les « photographes pleins de talent » (et de fric de Papamaman pour s’acheter des appareils photo) font les malins pendant que les minables qui n’en ont pas vont se faire foutre.

    Mais au fait, qu’est-ce qu’on fait quand on n’est ni un « photographe doué de tant de talents », ni un « DJ aimé de tous », ni un « étudiant charmant » (ou qu’on est étudiant mais pas charmant), ni un « jeune patron de bar », « beau comme un astre » ou pas, ni un guitariste avec lequel tout le monde « entre en communion »? Crois-tu que ces différents personnages soient représentatifs de l’humanité, ou est-ce que tu ne t’adresses qu’à eux? Je n’ai pas la chance de fréquenter des gens aussi « brillants » en ce qui me concerne, et je n’en suis pas fâché.
    Qu’est-ce qu’on fait quand on a juste envie de dire « merde, foutez-nous la paix avec nos talents, nos grands projets, notre grand avenir », pour un moment?

    Pour finir les « être clean, c’est être in » et autres slogans genre publicitaire hyper creux, vraiment à éviter…

    Je suis peut-être moi-même un jeune bobo qui se fait mousser à Berlin, mais j’ai l’humilité de ne pas donner de jugement sur une ville qui s’est faite sans moi, qui est devenue underground par ses propres moyens, dans la douleur, dans des « gogues sombres et sales », loin d’un open space aseptisé, et certainement pas grâce à des blogs branchés.

    Je souscris malgré tout au fait que la C (je ne parle que de la C) ça rend les gens un peu cons (au moins sur le moment)! Ou plutôt que ça exacerbe la connerie. Les gens sympa deviennent relous, les un peu cons deviennent cons, les cons deviennent très cons, et les gros cons deviennent carrément insupportables.

    Mon commentaire doit paraître au vitriol, alors qu’au départ, je voulais souligner que tes articles sont très bien écrits et que j’ai lu des tas de choses très sympa sur ton blog. Faut juste éviter de tomber dans la facilité, c’est dommage quand on a une si bonne plume.

    1. Salut Pascal,

      je ne comprends jamais qu’un expatrié m’écrive qu’il faut avoir l' »humilité » de ne pas juger l’Allemagne, Berlin, etc… je suis navrée quand j’entends ça. C’est tellement politiquement correct.
      Je suis à Berlin depuis 2009 et j’y vis en alternance depuis 2007.
      J’y ai vécu en 2000 et 2001.
      Bon. Tout ça pour dire que je suis pas vraiment tombée de la dernière pluie ici. Mais même si c’était le cas, je défends le droit au jugement. De plus, je ne « juge » pas une ville. Je parle de Berlin ici car le sujet de mon blog, c’est Berlin. Je pourrais parler de Paris mais mon blog, tu en conviendras, ne s’appelle pas Génération Paris.

      Quant à mes amis – qui aurait envie d’avoir des amis moches, sans talent, inintéressants, acariâtres? Oui mes amis sont charmants et talentueux, dois-je en avoir honte?! Cela a-t-il quelque chose à voir avec la position sociale ou l’argent? Absolument pas. Tes amis sont-ils laids et cons? J’en doute, ai-je-tort? (attention, quand je parle de beauté, je n’entends pas la beauté physique au sens classique).

      Dire que je tombe dans la facilité parce que je décris des expériences violentes et bouleversantes pour moi dans un univers qui est tombé dans la drogue, c’est un peu dégueulasse. Désolée. Je ne t’en veux pas mais je suis choquée. Quand on enterre un jeune homme de vingt-cinq ans parce qu’il s’est tué en caisse après une dose trop forte on ne parle plus de bobos ni de jugement sur une ville. On parle d’expériences humaines, c’est tout. De la vie – et de la mort.

      1. Hallo
        Je ne voulais pas être désagréable même si je l’ai été mais au moins, j’ai eu une réponse. :D
        Loin de moi l’idée de critiquer tes amis, et oui, on préfère les gens agréables aux gens pas agréables, et non, mes amis ne sont ni laids ni cons (j’apprécie que tu aies précisé « je ne parle pas que de beauté physique »), mais ce n’est pas ce que je voulais dire. Je ne voulais pas dire non plus que tu n’avais pas à juger Berlin (mais tu fais bien de me faire remarquer ça aussi).

        Je veux dire que parfois, on ne peut pas vouloir le beurre et l’argent du beurre, et on doit se demander ce que serait Berlin sans les drogues. Je n’ai pas la réponse, mais je ne sais pas si sans les drogues, Berlin serait celle qu’elle serait, et si tu serais en train d’en profiter à l’heure qu’il est, oui, même si toi tu n’en prends pas. Franchement. Je te propose d’y réfléchir, je suis sûr que tu auras des pistes intéressantes pour répondre à cette question.

        Sinon c’est vrai, j’étais agacé par le culte de la réussite que j’ai cru déceler, mais sans doute que je me trompe. Moi j’aime bien (façon de parler) voir les aspects sombres ou peu glorieux de l’humanité et les assumer. Je ne suis pas sûr que grand monde se reconnaisse dans les « modèles » (entschuldigung) que tu proposes (le guitariste qui fait vibrer toute la salle, le photographe talentueux..). Pour peu qu’on ait un petit coup de blues, ton appel à la joie, au bonheur, à l’épanouissement, ton adresse à des gens pour lesquels je n’ai pas l’impression qu’il y ait tant de souci à se faire (le photographe plein de talent qui devient un peu con et prétentieux par la coke, oui, bon… J’ai pas envie de pleurer franchement, je ne suis pas sûr qu’il soit le plus défavorisé sur cette terre) peut être légèrement agaçant, et je ne parle pas de moi, du moins pas de moi, à l’heure qu’il est. (ne me fais pas le coup du « oh tu dis ça pcq t’es aigri », tu es certainement au-dessus de ça. D’ailleurs dans un tel cas je répondrais « et alors? » haha)

        Pour finir, ton dernier paragraphe…. Je comprends que ce soit très dur si tu as déjà eu une telle expérience mais 1)je ne pouvais pas le savoir et dire que je suis dégueulasse comme ça, c’est un peu léger.. 2)le procédé est intellectuellement parfaitement invalide, je dis « Objection! » là!

        Mais pour mieux répondre à cette remarque, je me dois de faire mon mea culpa: ma réponse concernait les drogues en général, alors que toi, c’est de la coke que tu parlais (mais semblais généraliser sur les drogues en général), laquelle drogue je déteste, et même pas cordialement, et j’aime bien ta façon de la décrire. Mais comme le disait Philippe, la C n’est vraiment pas la drogue la plus courante à Berlin. A moins que sa consommation augmente à présent? Peut-être mais plutôt dans la population Manhattan style un peu hipster qui a tendance à envahir Berlin. (mais j’ai envie de dire tant pis pour eux) Pourquoi ne pas faire un autre article là-dessus si tu as des idées? Bon tu satures peut-être un peu du sujet…

        Pour finir, désolé si j’ai été long, et désolé pour mon manque de clarté (confusion C/autres drogues), je n’ai jamais pensé que tu étais née de la dernière pluie, je disais même le contraire. Toi qui n’es pas née de la dernière pluie, ne tombe pas dans la facilité (surtout sur les clichés du photographe talentueux, le turc beau comme un astre et ainsi de suite). Désolé j’ai la dent dure mais je m’oppose tout ce qui est « modèle ».

        1. Bonjour Pascal,

          en ce qui concerne Philippe pour moi le sujet est clos, tu peux prendre sa défense si tu le souhaites mais tu ne sais pas depuis combien de temps ni avec quelle hargne ce jeune homme, qui a beaucoup de fréquentations en commun avec moi, s’acharne sur ma personne à coups d’attaques personnelles en public en se servant de ce qu’il sait sur moi par d’autres gens, ce que je trouve parfaitement injustifiable.

          Quant aux « faits indéniables »: rien n’est indéniable dans le domaine de la drogue, à part qu’elle te rend psychologiquement accro et te nique la santé. Enfin, je suis de plus en plus gênée par la confusion croissante sur mon propos : jamais je n’ai écrit que la coke était LE problème berlinois. D’abord, je m’en fous royalement de savoir quelle est la première drogue à Berlin. Ensuite, je ne fais que parler d’expériences perso.

          En ce qui concerne les « modèles » : en quoi un musicien (mon ex) qui gagne 300 euros par mois à ramer en vendant des fish and chips est-il un modèle de réussite? Mon ami photographe est très talentueux, et il ne gagne RIEN. Et, oui, il est malheureux, oui, il est à plaindre. Orphelin depuis un âge bien trop jeune, il se bat dans la vie tout seul. Tu confonds réussite sociale et talent. En quoi le Turc beau comme un astre est-il un cliché?

          1. Parce que je ne sais pas si le plus important dans la nocivité d’une drogue c’est le talent ou la beauté stellaire de celui qui la prend. Mais OK j’ai bien compris ce que tu voulais dire.

            Stp ne réponds pas en jetant au visage de tes interlocuteurs les expériences dramatiques de toi ou de ceux qui t’entourent, par contre… Je l’ai déjà dit dans mon commentaire précédent, mais c’est vraiment déplacé. Je ne connais pas ton ami, et je ne débats pas sur ton ami. Les tendances de fond m’intéressent beaucoup plus que les cas particuliers, et ton article ne portait pas sur des mecs qui vendent des fish’n’chips pour 300e par mois, à ce que je sache..
            (cette précision, pourquoi pas, mais ne fais pas comme si j’étais censé le savoir…)

            A part ça, rien à ajouter, merci pour ta réponse.

  5. Tiens ça faisait longtemps que je n’étais pas venu te signifier mon désaccord, mais Konbini t’a rappelée à mon bon souvenir. Force est de constater qu’une fois de plus je me demande dans quel Berlin tu vis, je dirais même plus (tu noteras le petit clin d’oeil humoristique), dans quel Paris vivais-tu.

    Parce que FRANCHEMENT, le problème de la consommation de coke n’est ni nouveau, ni berlinois. S’il y a bien une ville sclérosée par la coke c’est Paris, j’en vois la preuve à chaque fois que j’y retourne, et à chaque que j’ai des parisiens en visite qui me harcèlent pendant tout leur séjour avec ça. Et ce pour plusieurs raisons, laisse-moi éclairer ta lanterne, vu qu’apparemment le sujet te concerne tellement tout d’un coup, loin de moi l’idée de sous entendre que tu cherches, comme on dit dans le jargon, « à vendre du papier », peut être plus un repentir alors, vu que d’après ce que j’ai compris, tu n’as pas toujours dit ça (oui je sais tu n’aimes quand je parle de toi, n’empêche que par soucis de transparence, il faut quand même bien l’admettre).

    BREF. Donc, pour en revenir à nos moutons, ma chère il n’y a pas vraiment de problème de coke à Berlin, pas plus que dans les autres capitales mondiales en tout cas, ce n’est pas parce que tes amis branchés de Mitte, que j’imagine volontiers français, italiens ou américains, ben oui ce sont eux qui prennent de la coke à Berlin, ont un problème de coke, que c’est forcément le cas de la ville entière. Parce que la coke c’est un truc de riches, de surcroît un truc de riches prétentieux. Pour passer tous mes week ends en club, laisse-moi te dire que la coke est TRES loin derrière les autres drogues en terme de consommation: MDMA, speed (son équivalent berlinois ou londonien) , pills, ketamine et j’en passe.

    Le truc qu’il faut bien comprendre, c’est qu’à Berlin, contrairement à Paris (oui j’insiste), la drogue est beaucoup plus sociétalement admise, et a pour la plupart des gens a un seul but: s’amuser, et je dirais même s’amuser à plusieurs de préférence en club. On est très loin de l’image sulfureuse de la coke, des putes et du champagne dans les beaux appartements parisiens, ou de l’image du 25-35 souffreteux enfermé dans sa défonce, désocialisé, en dépression nerveuse. Du coup la coke pour ça c’est pas terrible, et puis ici les gens ils s’en fichent de se défoncer « cool », ils veulent de l’efficace, du rentable. Ben oui parce que la coke c’est horriblement cher! D’autant plus qu’à Berlin elle est globalement de mauvaise qualité. 80 € le gramme pour un effet très faible niveau énergisant, sans parler qu’ici ça n’intéresse personne de se sentir à bloc de confiance en soi, à la Beigbeder qui renifle ses pets. Non non, c’est pas ça la drogue à Berlin, la drogue à Berlin, c’est un gramme de speed à 10 € pour faire la fête 3 jours sans s’arrêter, c’est prendre un « taz » dans le son pour s’y fondre complètement, c’est prendre des traces de kétamine dans les chiottes au Berghain et flotter entre les gays bears et autres curiosités. Le tout dans la bonne humeur et la légèreté ambiante.

    Il y a toujours des gens qui se perdent dans la drogue, comme partout, mais excuse-moi, je trouve que Berlin, pour une ville qui en est une grosse consommatrice, s’en sort plutôt bien d’une part, et si tant est qu’il y ait un problème, ce n’est SUREMENT pas de coke. Franchement fais un test, va dans n’importe quel bon club berlinois et cherche de la drogue, on va te proposer tout et n’importe quoi, mais très rarement de la coke. Encore une fois, tu regardes et juges cette ville du bout de ta petite lorgnette étriquée de parisienne, et encore une fois, je comprends de moins de moins ce que tu fais ici, et surtout quel Berlin tu pratiques… Chaque fois que je te lis, je ne reconnais pas la ville dans laquelle je vis, que j’aime tant pour ce qu’elle est…

    A bon entendeur.

    1. « A bon entendeur », quelle prétention… Philippe, en effet, tu n’étais pas venu me troller depuis longtemps, mais je constate une fois de plus que tu ne peux pas te passer de mon blog. Ton commentaire, je n’y réponds pas, il est empreint d’une haine personnelle, sans fondement, sans la moindre objectivité – je ne sais ce que c’est – de la jalousie, de la frustration? Cela me désole. Il n’est pas possible d’avoir un dialogue avec toi. J’aurais l’impression de pisser dans un violon.
      Je te recommande d’ouvrir un blog sur ta géniale vision de Berlin, de la vie, du monde et des autres. Ensuite, nous jugerons. Bon vent.

      1. Le ton de Philippe est très désagréable pour toi, c’est vrai, il aurait pu mettre plus de formes et ne pas t’attaquer personnellement, mais enfin, les arguments sont là, quand même. Ce qu’il dit au sujet de la C qui est loin d’être la drogue n°1 à Berlin… Mais même si tu penses que le dialogue n’est pas possible avec lui, il y a sûrement d’autres gens qui aimeraient savoir ce que tu as à dire là-dessus (je ne le dis pas en mode « agressif », vraiment pas)!! C’est un peu facile de s’en tirer comme ça :) je le dis en toute sympathie.

        Et le coup de la « frustration », je trouve que ça vole pas haut, je suis un peu déçu là. Autant lui n’a pas à te juger personnellement, autant si tu réponds en faisant pareil, bah…. (pas français mais tant pis)

  6. Coucou Manon

    Je rigole bien personnellement avec ces commentaires qui te reprochent ce que les gens veulent lire et voir dans tes intentions. Tu parles d’un phénomène et on te fait la leçon car il n’y a rien de nouveau. Si tes propos étaient si attendus et convenus pourquoi un tel intérêt? Personnellement, je fais partie des rares Parisiens qui ont totalement échappé à cette drogue. Je m’en suis toujours méfié et je n’ai jamais supporté que des gens en consomment. Je me méfie comme de la peste de son côté cool et simple. Tes écrits me confortent dans ce que j’ai toujours ressenti.

    1. Merci Ziad, tu as tout dit.
      De toute façon, le succès de l’article et surtout de celui qui le précède prouvent bien que les gens veulent en parler et ressentent un malaise profond. Que quelques personnes soient dérangés par mes positions sur la drogue est bien normal. La vérité blesse. Tant pis. Je suis contente pour les autres, ceux qui ont envie de lire ça et d’en parler, d’écrire à leur tour sur le sujet.
      Sur divers groupes Facebook l’article recueille des commentaires positifs à l’égard des personnes qui m’ont envoyé leurs témoignages. Je suis contente pour eux aussi.

  7. Merci Maalouf! C’est quand même très drôle de reprocher à Manon de ne recueillir des témoignages que de ses potes de Mitte! Dans quel monde vivez-vous? Et venir donner des leçons en lui expliquant la vie, la nuit berlinoise! Das war gut, eh! You’ve made my day!

  8. Attention ATTENTION, après avoir lu tout ça, article et commentaires, j’aimerais ajouter qu’il ne faut pas, comme certains le soulignent, stigmatiser Berlin par cette substance. Berlin reste de loin la meilleure ville d’Europe en terme de culture, de qualité musicale, et d’expériences. Elle m’a révélée, et je ne pense pas être la seule. Ce « problème » (qui devient européen) n’est que du pipi de chat comparé à tout ce que Berlin peut apporter. Donc ok, la drogue évidemment c’est mal et n’en touchez jamais, mais aimez tout de même Berlin pour la multitude de liberté, nouveautés, et rencontres qu’elle apporte !
    Je t’aime Berlin, avec ou sans drogues tu restes le seul endroig au monde qui me fait vibrer.

    1. Et moi j’aimerais bien qu’on arrête de me dire que je stigmatise Berlin avec les drogues… c’est un raccourci très désagréable! Mais je suis bien d’accord avec toi, Berlin est fantastique, pourtant je suis triste de devoir le répéter, comme si on m’accusait à tort et à travers de ne pas aimer cette ville, moi qui lui ai dédié un blog depuis 3 ans!

  9. Oui il y a de la drogue à Berlin, mais bon, c’est partout pareil… il y en a aussi à Paris, à Londres, à Amsterdam, à Tokyo… et même dans un vieux bled paumé tu trouveras toujours un mec qui roule un spliff, bref, cela ne veut rien dire!

    La drogue fait partie de la vie. Et qui plus est de la vie nocturne, des clubs, des bars – branchés ou pas.

    Mais perso, je n’y prête pas attention. Alors d’accord, je suis comme la plupart des jeunes, j’en consomme de temps en temps, de façon récréative, pour m’amuser, pour se marrer, pour tenir… mais je me limite à quelques rares occasions (festivals, soirées, clubs – mais pas tout le temps)
    Je laisse l’occasion se présenter, je ne cours pas après.

    Et sinon, comme je l’ai dit, je n’y prête pas attention, je mets cela de côté.
    J’écoute le son, je bois un verre, je parle aux gens, à mes potes, je fais des rencontres.

    Bref la drogue est omniprésente si vous y pensez, si vous la cherchez, si vous y prêtez attention. Mettez cela de côté, c’est juste un « truc en plus », une option. Mais pas une fin en soi, ni un impératif pour faire la fête.

    Aller, bien à vous

  10. Salut Manon! Merci pour ton blog, je suis moi aussi une grande fan de Berlin donc je me permets d’apporter mon commentaire.

    Personnellement, la drogue à Berlin ne me choque pas plus que dans d’autres grandes villes ou capitales.

    Par exemple, cet aspect m’a beaucoup plus choquée lorsque je suis allée à Amsterdam, où là, la présence de la drogue se fait clairement sentir. (rabatteurs, coffee shops, narco-tourisme…) mais bon, malgré cela, j’ai quand même su apprécier Amsterdam pour ses canaux, ballades en vélo, musées…

    Bref, ce que je veux dire c’est qu’il ne faut pas limiter une ville à un seul de ses aspects. Et qui plus est, Berlin, car la drogue ici ce n’est pas pire qu’ailleurs.

    Certes, la vie nocturne berlinoise est unique en son genre et attire beaucoup d’oiseaux de nuit, de jeunes, de touristes avides de clubs et de sensation… mais bon, la drogue ne m’a pas sautée aux yeux. A part quelques mecs dans les chiottes qui m’ont proposé un taz ou un rail – et encore ça reste occasionnel – et le pire c’est que c’était des français!!

    Alors, oui, au Tresor vous trouverez de nombreux ados parisiens aux pupilles dilatés venus à Berlin « clubber » pour le week-end, mais bon, ça reste gentillet, franchement ça m’a pas choquée plus que ça.

    Bref, tout ça pour dire c’est pas pire qu’ailleurs.

    Si vous voulez de la drogue, vous en trouverez. Tout comme dans un club à Paris, ou je sais pas où… Si vous le voulez, vous l’aurez. Si vous faites votre soirée pépère sans rien demander, personne ne viendra vous mettre 3 kg de coke sous le nez.

    Relax!

    1. Pourquoi est-ce que les derniers commentaires sont obnubilés par la corrélation Berlin-drogues??? Je parle de la coke (UNE drogue, pas toutes) à Berlin dans MON entourage personnel, et je réunis dans cet article des témoignages de gens qui, si vous y faites attention, sont à Hambourg, Montréal, Paris aussi bien que Berlin.

      Quant à être relax avec ça, hélas non. C’est bien le propos de mes articles : on ne peut pas être « relax » avec une saloperie qui te bousille la santé et la vie. Je sais de quoi je parle, je suis passée par là comme tous ceux qui ont arrêté. Savoir refuser la coke, c’est un apprentissage douloureux et très, très long. La coke pour « clubber », c’est une illusion. Ici on clubbe trois à quatre fois par semaine.

      De nombreuses personnes se shootent donc de manière extrêmement régulière. Et ils continuent à appeler ça une défonce « occasionnelle ». C’est un mensonge et c’est ce que j’essaie de dénoncer. J’ai peur pour eux, pour ma génération qui se voile la face et a rendu les armes, n’a plus d’esprit critique, se fout de la politique, de la vie sociale, ne manifeste plus pour ses droits, et préfère se droguer pour oublier qu’elle n’a pas de taf, pas de fric, pas d’amour… au lieu de se rebeller!

  11. Hello,

    Je n’habite plus Berlin mais dès que j’y vais, je rends visite à un de mes amis.
    Chaque fois, c’est de pire en pire. Et j’ai toujours peur qu’il n’y ait pas de fois prochaine.
    Quand je l’ai rencontré, il fumait des cigarettes. Puis un joint par-ci par-là. Puis, avec les fêtes berlinoises et le stress des exams, c’était quotidien. Sa chambre ressemblait à un véritable aquarium. Quelques temps plus tard, j’ai appris qu’il touchait aux drogues dures car, je cite, « le café ne lui faisait plus rien ». Il lui fallait des remontants pour tout.
    Il a déjà fait quelques séjours dans des hôpitaux mais ça n’a eu aucun effet sur lui. Il me disait qu’il ne sortait plus, était devenu dépressif et qu’il ne voyait plus le bout.

    J’ai peur d’apprendre un jour qu’il est mort d’une overdose ou qu’il a sauté de son balcon, comme ça. Dommage qu’il n’ait pas su dire non dès le début.

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